‹ Essais littéraires de Saint-Just (volume 2)Chapitre 258 sur 309 · ACTE III, SCÈNE IX · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE IX

HENRI

Est-ce vous , Madame, que cette vertu doit étonner?. . . J'ai la preuve du conti"aire... D'Estrées, je n'ai pu, jusqu'à ce moment, vous compter au nombre de mes serviteurs. J'espère que vous ne me tiendrez pas rigueur plus long-temps.

d'estrées.

Ah, Sire! qui pourroit vous résister? je suis à vous pour la vie. Jouissez du bonheur de voir tous les Français , oubliant la haine des partis , les maux qu'ils ont soufferts, partager mon admiration pour le monarque qui, après tant d'épreuves, trouve enfin sur le trône le prix de ses vertus.

HENRI

Allons , mes amis î partons ; que les portes de Paris s'ouvrent enfin pour moi, et que ce jour mémorable, si cher à mon cœur, fasse à jamais époque dans les fastes de la France. Dès demain, j'entrerai dans ma capitale. Maréchal de Matignon, vous ouvrirez la marche ; de Retz, Montmorenci, et toi surtout, brave Grillon, vous marcherez à mes côtés. C'est au milieu de vous tous , mes dignes compagnons d'armes , que je recevrai les clefs de ma bonne ville , des mains de ses vertueux magistrats. Belle Gabriellc ! je veux que mon triomphe soit complet j c'est dire assez qu'il faut

que vous en soyez témoin. Toi , Saint-Luc, tu veilleras au bon ordre : si quelque farouche ligueur, au regard sombre et sinistre, se montroit dans la foule, va droit à lui, et dis-lui : Malheureux ! regarde ton roi , et vois ton pardon écrit daiis ses yeux.

GABRIELLE

Quel tableau touchant et sublime !

ÉLOI

Eh bien, mademoiselle Estelle, que faites-vous donc là?

ESTELLE , tout en larmes.

Ce que je fais ? Pardine ! je suis si contente ! si contente ! que je pleure ni plus ni moins que si j'avois perdu mon père, ma mère, et vous-même, M. mon prétendu.

GRILLON

Eh! quipourroit, sans être ému, contempler tant (le l)onté !

HENRI

Les succès, Grillon, peuvent flatter mon cœur, mais non le changer : tu me verras toujours le même j et, sur le trône, comme dans mon camp, je conserverai pour devise ( 11 lui pr.nd la main. ) Amitié ! ( Il jette un

rfgara sur Gaïuitii.-. ) Auiour ! . . . et coiiragc.

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