‹ Essais littéraires de Saint-Just (volume 2)Chapitre 260 sur 309 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

PÉDRIGO, LOREZZA.

LOREZZA, avecliumeur.

Il faut pourtant espérer, mon père, qu'on finira par la voir, cette princesse! Yoilà quatre jours qu'elle nous tient sur pied, et que nous en sommes , nous , pour nos peines; vous, pour vos frais. A la fin, cela commence...

PÉDRIGO.

De la modération, ma fille ! de la modération ! des peines, des frais perdus, c'est désagréable sans doute, très-désagréable! et je suis bien souvent tenié de céder comme toi à ma mauvaise liumeur... Cependant, comme les peines qu'on se donne ne me fatiguent pas, que les frais que je fais me sont payés.

et que je ne vois rien autre chose qui puisse me tourmenter, je prends patience pour le reste, et je me résigne, mon enfant, je me résigne j imite-moi.

LOREZZA.

Cela vous est bien facile à dire , mon père.

PÉDRIGO.

Le grand sénéchal de la princesse m'a dit qu'il ne pouvoit m'indiquer précisément le jour du passage de Son Altesse ; mais , qu'à partir du premier de ce mois, il retenoit pour elle, et sa suite, toute mon auberge, afin qu'elle fût à tout moment libre et prête à recevoir notre illustre voyageuse. Il m'a de même ordonné de tenir toujours en réserve les approvisionnemens nécessaires pour le splendide repas qu'il doit faire servir.

LOREZZA.

Oh! sur cet article, je suis tranquille j car, d'après ce qu'il m'a paru, la chose à laquelle M. le grand sénéchal s'entend le mieux, c'est à commander un dîner.

PÉDRIGO.

Tu te trompes, mon enfant, c'est à le manger. Mais, n'en disons pas de mal- s'il mange bien, il paie de même, et j'en ai pour preuve l'argent qu'il m'a donné

Page 1