ACTE I, SCÈNE VI
On voit gens de toute manière ,
A pied , à cheval , en litière .
C'est l'un avec son cor , tou , tou , qui vous poursuit : L'autre avec sou fouet, clic , clac, vous étourdit.
On ne voit que bagages.
Equipages ,
Chariots ,
Et ballots
Et chevaux.
Vient ensuite notre musique , Superbe et même magnifique ; Car elle fait un tel fracas , Que souvent on ne s'entend pas.
Lorsque mon maître est en voyage , etc.
PÉDRIGO. ; ,:iiitj
Ah çà ! mais votre maître est donc?...
OLIVIER
Un voyageur que nulles dépenses n'effraient, et qui , lorsqu'il est content de son hôte , ne le quitte jamais sans lui laisser les preuves les plus palpables d^sa magnificence et de sa générosité.
PÉDRIGO , à part.
Peste !
OLIVIER
Il suit de près ses équipages 5 ainsi donc qu'on dispose au plus tôt le petit entresol.
3^8 JEAN DE PARtS.'^
PÉDRICO, lirant à part Olivier.
Attendez... attendez ! je fais encore une réflexion j votre maître ne doit s'arrêter ici que pour dîner : ce seroit bien le diable si, justement pendant ce tempslà , mes autres voyageurs alloient arriver. Je ne vois donc pas pourquoi , au lieu de mettre M. Jean de Paris dans cet entresol, où il seroit fort à l'étroit, je ne le logerois pas au premier, dans le grand appartement.
OLIVIER
Sans doute... allons ! va pour le grand appartement du premier 1
LOREZZA.
Mais, mon père, il falloit donc me dire cela ; à présent, moi, voilà que j'ai arrangé la chambre comme pour une princesse , et non pas. . .
PÉnRIGO.
Eh qu'importe ! ne te l'ai-je pas dit cent fois ? ici nulle différence entre les voyageurs : mêmes soins , mêmes égards pour tous. Oh ! je suis ferme en mes principes, moi. ( A Olivier. ) Ah çà! vous m'avez bien dit le nom de votre maître ; mais j'ignore ce qu'il est, ce qu'il fait.
Il dort, il boit, il mange, se promène et se repose.