SCÈNE X
qu'il n'y avoit rien de plus sérieux au monde qu'un mariage.
ZÉLINA.
Quoi, Monseigneur! vous savez?...
LE COMTE
Oui, des personnes moins discrètes que vous et que votre oncle , m'ont informé d'un mystère que , je ne sais pourquoi , vous me caclilez avec tant de soin j est-ce donc en vous dérobant à mes bienfaits, en m' empêchant de partager votre bonbeur, que vous deviez reconnoître l'intérêt que je vous ai toujours témoigné ?
PÉDRILLE, se montrant.
Je n'entends rien.
ZÉLINA.
Plusieurs motifs, Monseigneur... et, s'il faut parler franchement , cet intérêt même que vous daignez prendre à moi, me faisoit craindre...
LE COMTE
Vous ne me rendiez pas justice j ce seroit me punir cruellement de quelques paroles indiscrètes et légères, que de me croire capable d'abuser de mou autorité, pour sacrifier votre bonheur à de coupables prétentions. Connoissez mieux Orlandcz : jeune, quelquefois étourdi, toujours prompt à s'enflammer,
4o LE NÈGRE PAR AMOUR.
il peut, entraîné par l'attrait du plaisir, cherclier à s'assurer une eonquêtej mais il y sait renoncer si, pour l'oLteuir, il faut avoir recoui's à des moyens que réprouvent l'amour et la délicatesse.
ZÉLINA.
De pareils sentimens , loin de m'étonner en vous , Monseigneur, me confirment dans le dessein de tenter une démarche dont le succès dépend de vous seul.
LE COMTE
Parlez.
ZELIIVÂ.
Vous êtes instruit de mon mariage j mais vous ignorez, peut-être, quel est mon époux?
LE COMTE
Je le sais 5 et je vous avouerai qu'ayant été instruit de sa poltronnerie et de sa jalousie, je n'ai pu me défendre de profiter tout à l'heure de l'embarras que ma présence lui faisoit éprouver, pour m'amuser un peu à ses dépens.
ZÉLINA.
II n'y a pas de mal à cela , Monseigneur ; c'est un petit passe-temps que je me p«îrmets aussi assez souvent. Mais , revenons à la grâce que j'ose attendre de vous : vous savez, sans doute, que Pédrille est au nombre des coupables que vous poursuivez j d'un