‹ Essais littéraires de Saint-Just (volume 2)Chapitre 29 sur 309 · SCÈNE X. 4i · texte numérisé non relu

SCÈNE X. 4i

tiioment à l'autre il court risque d'être arrêté j un mot signé de votre main peut lui assurer sa tranquillité ; souflFrez donc que je réclame de vous cette faveur.

LE COMTE

C'étoit pour vous l'accorder, que je vous ai demandé cet entretien : trop heureux ! Zélina , d'avoir prévenu vos désirs. Vous cherchiez à me cacher votre mariage 5 moi, je pensois à voti'e présent de noce. Acceptez donc celui-ci, sans préjudice des autres.

ZELINA , prenant le papier que lui remet le comte, en lui baisant la main.

La grâce de mon mari I

PÉDRILLE , &e montrant.

Que vois-je!... ah! si j'osois !... mais, patience! elle sera seule à la lin 5 et c'est là où je l'attends!

( Il se retire.) LE COMTE.

Puisse la chaîne qui vous lie, faire toujours votre bonheur! Aussi, loin de songer à troubler une pareille union...

ZÉLINA.

Oh! ce seroit impardonnable! Pédrille et moi,

nous sommes si heureux, nos caractères sympathise)it

si bien !

PREMIER COUPLET

Il est jaloux , je suis coquette ; Il est triste, je ris souvent;

Pai- goût il vit dans la retraite ;

Par goût je cours à tout moment.

Aussi, toujours criant, pestant.

Jamais, chez nous, on ne «'entend.

Voyez donc , Monseigneur , ah ! voyez quel dommage , Si l'on troubloit la paix d'un aussi bon ménage.

PÉDRILLE, se moulrant.

Il ne partira pas !

ZÉLINA.

DEUXIÈME COUPLET

Grâce a cette guerre e'ternelle ,

Nous sommes unis tendrement :

Lorsque souvent on se querelle ,

On se raccommode souvent ;

Et chaque raccommodement

Est si joli ! si séduisant !

Voyez donc, Monseigneur, ah! voyez quel dommage, Si l'on troabloit la paix d'un aussi bon ménage.

Que je suis donc contente, pour moi! pour ce pauvre Pédrille ! . . . Je vais donc le voir tranquille, îieureux, tourmenté seulement par sa femme!... Ali, Monseigneur î croyez que ma reconnoissance , égale à la sienne...

LE COMTE

Vous ne m'en devez point, Zélina : la grâce que l'homme, puissant peut accorder , est le plus doux dédommagement des actes de sévérité que son devoir le force souvent à remplir... Mais un plus long entre-

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