ACTE I, SCENE XIII
c£u'il s'est emparé des logemens de la princesse, qu'il s'est emparé de son dîner, et que, pour peu qu'on le laisse faire, il finira, je crois, par s'emparer d'ellemême.
LE SÉNÉCHAL
Quelle audace ! oser s'approprier le logement , et bien plus encore, le dîner d'une princesse de Navarre ! Vous ne savez donc pas?. . .
JEAN
Pardonnez-moi ; je sais très-bien qu'une princesse de Navarre, après une longue course, sent son estomac vide tout comme un autre ; aussi , bien loin de songer à lui ravir un dîner, suis-je résolu à l'engager à venir sans façon partager le mien.
LE SÉNÉCHAL
Qu'entends-je ! peut-on pousser plus loin l'oubli de toutes les convenances! je n'y tiens plus! je n'y tiens plus ! M. le bourgeois, choisissez de sortir dans une minute par cette porte, ou dans trois par cette fenêtre.
JEAN
J'en suis vraiment désolé, M. le sénéchal; mais, tout aimables que sont vos propositions, je ne puis accepter ni l'une ni l'auti'e.
LE SÉNÉCHAL
Comment ? vous ne sortirez point ?
JEAN
Non, vous dis-je.
LE SÉNÉCHAL
Non ?
JEAN
Non.