‹ Essais littéraires de Saint-Just (volume 2)Chapitre 281 sur 309 · LES PRÉCÉDENS , JEAN · texte numérisé non relu

LES PRÉCÉDENS , JEAN

JEAN , au fond du théâtre.

Voilà donc M. le grand sénéchal ! faisons connoissance avec lui.

LOREZZA.

Est-ce vrai ce qu'on dit comme ça, M. le sénéchal, que cette princesse va tout exprès à la cour pour choisir un mari ?

LE SÉNÉCHAL

C'est une affaire faite, mon enfant, son choix est arrêté.

4iG JEAN DE PARIS.

.JKA\ y à part, mais élevant la voix.

Arrêté !

LE SÉNÉCHAL

Qui parle ainsi ? ( ii aperçoit Jean. ) Quel est cet homme? que veut-il ? d'où sort-il ? où va-t-il ?

.TEAN y s^avançant sur la scène.

Vous allez le savoir, M. le sénéchal; cet homme est un bon et franc bourgeois , qui , pour son plaisjr et ses affaires, se transporte le plus gaiement quil peut, de la France dans la Navarre. La promenade est un peu longue , m'a dit comme ça mon père , en me faisant ses adieux; mais n'importe, va toujours, mon garçon , va ; cela te dégourdira , tu verras du pays , lu en feras voir à ceux qui t'accompagneront, et même j^eut-être à ceux que tu rencontreras : sur cela j'ai pris ma course, et me voici.

LE SÉNÉCHAL , à part.

Quel ton grossier ! quelle manière commune ! (Haut.) M. l'hôte, puis-je savoir comment il se fait que, malgré nos conventions, ce voyageur se trouve dans votre auberge !

PÉDRIGO.

Ma foi, il me seroit difficile de vous l'expliquer; tout ce que je puis vous dire, c'est qu'il m'est arrivé, ce matin , avec une nuée de je ne sais quelles gens ;

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