LES PRÉCÉDENS, LA PRINCESSE
LA PRINCESSE
Comment donc! tout ici respire un goût, une galanterie, qu'on est loin de s'attendre à trouver dans une auberge de village.
JEAN
Pardon! j'aurois désiré pouvoir mieux faire; mais que voulez-vous ? dans notre état, nous autres simples bourgeois , nous ne traitons pas tous les jouis une Altesse , de sorte qu'on ne sait pas trop comment s'y prendre lorsque cela arrive.
PÉDRIGO.
Quand Madame l'Altesse voudra , elle peut se mettre à table; le dîner est servi.
LE SÉNÉCHAL , présentant la main à la princesse.
Madame , le dîner. . .
Je vous réponds, M. le bourgeois, que je suis trèssatisfaite de tout ce que je vois.
JEAN
Ce qu'il y a de sûr, c'est que, si ce repas cham-
44 o JEAN DE PARIS.
pêtre u'est poiut donné avec recherche, il est du moins offert de bon cœur.
LE SÉNÉCHAL , bas à ia princesse.
Que dit Son Altesse de M. son hôte? (Haut.) Si Madame veut dîner. . .
LA PRINCESSE
Je ne reviens pas, M. Jean de Paris, qu'en aussi peu d'instans vous ayez pu faire tant d'apprêts !
LE SÉNÉCHAL
L'honneur qu'il attendoit devoit exciter son zèle... Je crois que le dîner. . .
JEAN
Grand merci, M. le sénéchal, de vouloir bien me servir d'interprète.
LA PRINCESSE
1 laçons— nous. ( La princesse . Jean et le sénéchal se mettent à table.)
Quel repas magnifique! M. l'aubergiste, on ne seroit pas mieux servi dans mon palais.
PÉDRIGO.
Son Altesse me fait trop d'honneur! ce ne sont point mes gens qui ont préparé. . .
Lesquels donc?
JEAN
Les miens.