SCÈNE XII
ZELINA j élevant la voix.
Allez ! vous ne méritez point d'être chéri comme vous l'êtes de votre femme.
PÉDRILLE, à part.
Parbleu ! il faut convenir que voilà un accès de tendresse qui lui prend bien mal à propos.
Ingrat! depuis notre union, ai-je cessé un seul instant de vous donner les marques du plus tendre attachement ?
PÉDRILLE , vivement.
Hé bien oui ; tu m'aimes, je t'adore ; mais que la peste t' étouffe si tu dis encore un mot.
ZÉLINA.
Avez-vous , comme époux , le moindre reproche à me faire ?
PÉDRILLE , se laissant emporter par la colère.
Si j'en ai...
ZÉLINA , retournant du côté du rocLer.
Parlez, je vous le permets , parlez.
PÉDRILLE, à part.
Ah! si nous étions seuls. (Haut.) Allons, la paix... reviens , et ne crains plus de ma part aucun emportement.
4Ci LE NÈGRE PAR AMOUR.
ZELINA se rapproclie de lui.
Cela ne suffit pas j il iaut encore demander pardon de ceux que vous avez eus jusqu'à ce jour.
PÉDRILLE
Ah, çà! tu plaisantes, sans doute?
Non, Monsieur; je parle très-sérieusement.
PÉDRILLE
Comment ! lorsque c'est moi qui viens pour porter mes plaintes, demander pardon? Non pas, s'il vous plaît.
ZÉLIJVA.
Tu me le demanderas.
PÉDRILLE
Ah Lien oui !
ZÉLINA.
A l'instant.
PÉDRILLE
Jamais.
ZÉLINA.
Tu me refuses. (Elle retourne près du rocber,ct élève la voix. )
Ah 1 Pédrille ! cruel époux !
PÉDRILLE , l'interrompant vivement.
Allons ! allons ! pardon, mille fois pardon. (A part.) Mais tu me le paieras.