‹ Essais littéraires de Saint-Just (volume 2)Chapitre 40 sur 309 · SCÈNE XVIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XVIII

depuis une heure , ne fait que tenir contre vous les propos les plus injurieux.

LE COMTE

Contre moi ?

UN DES GENS

Il motive son emportement sur je ne sais quel papier, qu'il prétend vous avoir vu donner à la nièce de Ribaldo , et dont il s'est emparé.

LE COMTE

Il a raison, j'ai remis un papier à sa femme.

PÉDRILLE

Qu'entends-je! je suis découvert.

Oui; je sais que vous êtes Pédrille. époux de Zélina , et l'un des coupables échappés à ma justice.

PÉDRILLE , à part.

Où me suis- je fourré !

LE COMTE

Vous chercheriez en vain à nier le fait, je sais tout.

PÉDRILLE

Eh bien, en ce cas, je ne vous cacherai rien; il n'est que trop vrai ; oui , Monseigneur , je conviens que , dans cette malheureuse affaire , ma pétulance , mon courage, m'ont emporté trop loin.

LE COMTE

Voti'e courage, dites-vous?

PÉDRILLE

Mais, au moins, puisque M. le comte est instruit des nœuds qui m'unissent à Zélina, il doit être peu surpris de l'agitation où m'a jeté cette lettre.

LE COMTE

Savez-vous ce qu'elle contient ?

PÉDRILLE

Je m'en doute, au moins ; mais je ne l'ai pas lue ; ( A part. ) et pour cause.

Il est juste que vous en ayez connoissance. Lisez, et lisez tout haut.

PÉDRILLE

Qui? moi, Monseigneur?... pardon;... mais...

LE COMTE

Je le veux.

ZÉLINA.

Pour ma justification j'exige aussi qu'il lise luimême ce papier; et qu'il le lise à haute et intelligible voix.

PÉDRILLE, Jpart.

La friponne ! elle ne manque pas une occasion ! . . .

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