ACTE I, SCÈNE I
Abencérages ont acquise en Espagne, nous la voyons maintenant , par sa douceur et son humanité , clierctier à réparer tous les maux qu'a fait naître, en ces climats, une guerre aussi cruelle.
UN OUVRIER
Dites-nous donc pourquoi elle nous a donné l'ordr* de décorer de guirlandes la galerie de la cour des Lions? pourquoi cette foule de musiciens et de troubadours qui se rendent à l'Alhambra? et quel est enfin l'objet de la fête qu'elle fait préparer ?
ZÉIDE.
C'est pour célébrer la convalescence d'Enolf, que vous avez vu prêt à mourir des blessures qu'il a reçues en combattant pour elle.
UN OUVRIER
Mais, quel heureux hasard a pu le conduire près de Zoraïme, à l'instant même où ses jours étoient ainsi menacés ?
HASSEM , k part.
Dissimulons, et pour cause. (Haut.) Voici le fait: Arrivés des bords de l'Afrique, et débarqués au port d'Almérie, nous nous rendions à Grenade pour seconder , de nos efforts , la tribu des Abencérages , dont le père de Zoraïme est le chef, et qu'on nous disoit menacée par celle d'Abular ; à peine étions-
G8 ZORAIME ET ZULNAR.
uuus daus les bois qui entourent cette ville, que le bruit des armes se fait entendre 5 nous approchons... Mon maître approche ; voit un jeune combattant prêt à succomber sous les efforts de plusieurs soldats furieux; il prend ses armes, et seul contre tous, no Consultant que son courage, et non ses forces épuisées par les blessures qu'il reçoit, il parvient à rester maître du champ de bataille ; mais quelle est sa surprise, lorsqu'il découvre dans le guerrier qu'il défendoit, une femme belle, intéressante 5 en un mot, l'aimable Zoraïme !
UN OUVRIER
Ces brigands, qui la poursuivoient , étoient sans doute de la tribu d'Abular; de cette tribu qui donna le jour au farouclie Zulnar, le guerrier le plus terrible que nous ayons à redouter?
ZÉIDE.
Si l'on en croit les bruits qui se sont répandus , il a quitté l'armée des rebelles.
UN OUVRIER
Ah ! s'il tomboit entre nos mains ! . . .
HASSEM, &part.
Chaque mot me fait trembler pour mon maître !
UN OUVRIER
Allons! allons! mes amis; ne perdons point de