‹ Essais littéraires de Saint-Just (volume 2)Chapitre 45 sur 309 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

HASSEM, ZÉIDE.

HASSEM

Hé bien ! ma chère Zéide ! Enolf est enfin remis de ses blessures 5 et ta maîtresse doit être au comble de ses vœux ?

ZÉIDE.

Il est vrai; mais je crains que son père, le respectable Akbé, absent de Grenade, et retenu depuis deux mois à Carthame pour apaiser des troubles qui s'étoient élevés entre la tribu des Alabès et celle des Zégris , n'ait disposé de la main de sa fille en faveur d'Alamir, jeune Maure de sa tribu, et que par conséquent il n'approuve point les feux qu'elle ressent pour ton maître.

HASSEM

Je serois fâché que l'amour d'Enolf troublât l'amitié qui l'unit au brave Alamir ; mais c'est assez nous

70 ZORAIME ET ZULNAR.

occuper des affaires des autres j parlons un peu des miennes : m'aimes-tu?

ZÉIDE. .

Quel doute !

HÂSSEM.

Tu m'épouseras donc?

ZÉIDE.

Non.

HÀSSEM.

Comment ! après m' avoir donné ton cœur, me refuses-tu ta main?

ZÉIDE.

C'est que je puis disposer de l'un, et non pas de l'autre.

HASSEM

Par quelle raison ?

ZÉIDE.

Apprends que cet oncle que tu as connu à Tolède , veut m'unir à un de ses amis qui vient de lui rendre un service assez important.

HASSEM

Et tu crois que je souffrirai que cet oncle maudit me prive du bonlicur où j'aspire?

ZÉIDE.

11 faudra bien t'y résoudre.

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