‹ Essais littéraires de Saint-Just (volume 2)Chapitre 59 sur 309 · ACTE I, SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE VIII

vous envole, et dont mon cœur vous répond. Enolf , prends ce fer, et , pour mériter ma main , plonge la tienne dans le sein de Zulnar.

AKBÉ.

Ma fille, uu tel discours...

ZORAÏME.

Vous instruit du sentiment qui règne dans mon cœur, et dont je brûlois de vous faire l'aveu. Je sais que je dépends de vous seul; ma soumission à vos volontés sera toujours égale à ma tendresse : j'estime ' et chéris les vertus d'Alamir; sa fidélité pour vous est un titre puissant sur mon cœur; mais en me souvenant sans cesse de ce que vous lui devez , puis-je oublier ce que je dois moi-même à mon libérateur?

ALAMIR

Votre reconnoissance est juste, et le sentiment que vous inspire Enolf, ne doit pas plus m'ofFenser que me surprendre. Ce n'est point par d'indignes reproches que je prétends vous rappeler mes droits : je sais que l'amour vous parie en faveur de mon rival ; P mais j'espère au moins vous prouver que j'étois digue de lui disputer votre cœur.

ZULNAR.

Alamîr, si l'espoir d'obtenir la main de Zoraïme cndammc ton courage, crois que je briilc de surpas-

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ser le tien , et de délivrer Grenade de son plus cruel ennemi.

AKBÉ. .

Mes amis ! nous ne devons plus songer , en cet instant, qu'au danger qui nous menace : Zulnar est près de nous. Voici l'instant de sauver la patrie : tous deux vous partagez mon estime , mon amitié ; tous deux vous avez des droits sur ma (ille ; qu'elle devienne en ce jour le prix du courage : je promets d'accorder Zoraïme au vengeur de son frère.

ALAMIR

Eh Lien ! j'y consens ; qu'Enolf soit mon compagnon d'armes: s'il triomplie, je le verrai revenir vainqueur avec peine, mais sans jalousie j ce sentiment, trop bas pour mon âme, ne souillera jamais le cœur où vous régnez.

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