‹ Essais littéraires de Saint-Just (volume 2)Chapitre 7 sur 309 · SCENE IL · texte numérisé non relu

SCENE IL

ZÉLINA.

Qu'as-tu donc ?

PÉDRILLE

Tiens, ma chère petite femme! aie pitié de moi. Je sens que si jamais... Je n'y survivrois pas ! C'est une foiblesse, je le sais 5 mais si tu me trompois...

ZÉLINA.

Quelle idée !

DUO

Tromper un époux ! quelle horreur !

C'est à lui seul qu'on doit son cœur,

PÉDRILLE

Pour moi d'un amour véritable Sens-tu ton cœur bien enflammé ?

Réponds ?

Autant qu'il est aimable , Crois que mon époux est aimt*-

PÉDRILLE

Il peut compter sur ta constance ?

ZÉLINA.

Autant qu'il compte sur ma foi.

Abuser de sa confiance

Seroit trop indigne de moi.

Si parfois nous cherchons a feindre ,

Ce n'est , crois-moi , qu'avec l'époux

Capricieux, grondeur, jaloux;

Ainsi , vois donc si tu peux craindre ?

PÉDRILLE

Quoi ! si je bannis tout soupçon ; Si jamais je ne te querelle , Tu me seras toujours fidèle ? '

ZÉLINA.

Toujours.

PÉDRILLE

Tout de bon ?

ZÉLINA.

Tout de bon.

PÉDRILLE

Eh bien ! reçois donc la promesse Que je te fais en ce moment:

Oui , Zëlina, je veux sans cesse Vivre ton ami , ton amant.

ZÉLINA.

Eli bien ! si. tu tiens la promesse Que tu me fais en ce moment , Ta Zélina vivra sans cesse •

Pour son ami , pour son amant.

Avec les garçons du village J'irai danser dans le bosquet?

PÉDRILLE

D'accord.

ZÉLINA.

Si le comle vcnoit , 11 ne te fcroil point ombrage ?

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