ACTE III, SCÈNE III
USBI.
Ah ! ne cessons point de boire ; Buvons et buvons toujours j Le vin , vous pouvez m'en croire , Est la source des beaux jours.
ZORAIME y avec une gaîté contrainte.
Ah ! ne cessons point de boire ; Buvons et buvons toujours ; Oui le vin , j'aime a le croire , Est la source des beaux jours.
ZORAÏME.
Vous êtes sans doute instruit de ce que renferme ce papier?
USBI.
Non.
ZORAÏME.
Cependant il vous est très-aisé d'en prendre connoissance.
USBI.
Oh ! très-aisé : quand je dis très-aisé, c'est cependant impossible, car je ne sais pas lire 5 c'est même à cette qualité essentielle que je suis redevable de ma charge; d'ailleurs que m'importe le destin d'un homme que je ne connois point !
ZORAÏME.
Bien du monde, à votre place, ne seroit pas si dis-
126 ZORAIME Eï ZULNAR.
cret. Mais revenons à ce billet : si vous voulez, je puis vous le lire.
USBI. •
Non, nonj le grand juge m'a bien défendu de ne le montrer à qui que ce soitj il faut que je suive ponctuellement ses ordres, et que j'attende ici les gens qui doivent me seconder dans mon expédition.
ZORAIME, k pari, toujours les yeux sur le papier.
Ma frayeur redouble... si je pouvois...
USBI.
Eh bien ! buvez donc; je vous donne l'exemple.
( Il pose le papier qu'il tient, sur la table pour prendre la liouteillo. )
ZORAÏME.
Je le suis volontiers. (En prenante son tour la bouteille; elle fait exprès de jeter le billet & ses pieds , et dit , en se baissant pour le relever : )
Ne vous dérangez pas.
USBI , prenant la lumière.
Tenez , vous verrez plus clair.
(Zoraïme, profilant du moment où Usbi se délournc poui prendre la lumière, tubstilue le billet que lui a donné Zéidc à celui qu'elle relève, et qu'elle met dans sa poclie. )
USBI.
L'avez-vous ?
ZORAÏME.
Oui, le voici. (Apan. ) Il ne sait pas lire, je ne risque rien.