LES PRÉCÉDENS, ALAMIR
ALAMIR
Amis ! changez vos cris lugubres en chant d'allégresse} la tribu des Abencérages triomphe; et notre ennemi n'est plus.
AKBÉ.
Se pourroit-il?... Ah ! parle!... A qui devons-nous cet heureux changement ?
ALAMIR
A deux guerriers qui viennent de s'acquérir des droits éternels à notre reconnoissance.
AKBÉ.
Leur nom?
ALAMIR
Zulnar; et Zoraïme, qui, bravant tous les dangers, a sauvé son amant.
AKEÉ.
0 surprise !
ALAMIR
J'étois occupé à rallier nos soldats, lorsque des cris affreux se sont fait entendre dans l'armée
j4o zoraime et zulnar.
d'Abular : j'apprends que deux combattans , suivis de quelques amis , se sont élancés dans les rangs de nos vainqueurs ; je cours les joindre, et le premier objet qui frappe ma vue, est l'amant de Zoraïme , poursuivant Abular : il le joiut, l'attaque, lui arrache l'cteudard du Prophète , et jette sur la poussière notre farouche ennemi ; il expire. A peine son armée a connoissance de cet événement, que l'alarme et la confusion s'y répandent; alors Zulnar, suivi de votre fdle, se saisit des dépouilles de notre persécuteur, s'élance sur deux chameaux chargés d'une partie de ses trésors , et rentre en vainqueur dans Grenade.
AKBÉ.
A peine je respire!...
( On entend derrière le théâtre les cri» de vive Zulnar, vive Zoraïme. ) ALAMIR.
Entendez-vous ces cris qui nous annoncent nos libérateurs qu'on ramène en triomphe?
AKBÉ, allant au-dcvanl de la marcbc
Je ne puis contenir la joie que j'éprouve.