‹ Essais littéraires de Saint-Just (volume 2)Chapitre 93 sur 309 · LES PRÉCÉDENS, ALAMIR · texte numérisé non relu

LES PRÉCÉDENS, ALAMIR

ALAMIR

Amis ! changez vos cris lugubres en chant d'allégresse} la tribu des Abencérages triomphe; et notre ennemi n'est plus.

AKBÉ.

Se pourroit-il?... Ah ! parle!... A qui devons-nous cet heureux changement ?

ALAMIR

A deux guerriers qui viennent de s'acquérir des droits éternels à notre reconnoissance.

AKBÉ.

Leur nom?

ALAMIR

Zulnar; et Zoraïme, qui, bravant tous les dangers, a sauvé son amant.

AKEÉ.

0 surprise !

ALAMIR

J'étois occupé à rallier nos soldats, lorsque des cris affreux se sont fait entendre dans l'armée

j4o zoraime et zulnar.

d'Abular : j'apprends que deux combattans , suivis de quelques amis , se sont élancés dans les rangs de nos vainqueurs ; je cours les joindre, et le premier objet qui frappe ma vue, est l'amant de Zoraïme , poursuivant Abular : il le joiut, l'attaque, lui arrache l'cteudard du Prophète , et jette sur la poussière notre farouche ennemi ; il expire. A peine son armée a connoissance de cet événement, que l'alarme et la confusion s'y répandent; alors Zulnar, suivi de votre fdle, se saisit des dépouilles de notre persécuteur, s'élance sur deux chameaux chargés d'une partie de ses trésors , et rentre en vainqueur dans Grenade.

AKBÉ.

A peine je respire!...

( On entend derrière le théâtre les cri» de vive Zulnar, vive Zoraïme. ) ALAMIR.

Entendez-vous ces cris qui nous annoncent nos libérateurs qu'on ramène en triomphe?

AKBÉ, allant au-dcvanl de la marcbc

Je ne puis contenir la joie que j'éprouve.

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