ACTE I, SCÈNE I. i
mais dans tout JConigsLerg on trouveroit peu d'hôtelleries montées comme la mienne. (Elle va pour consulter sou
livre ; mais elle s'arrête enentendant le son d'une harpe sur laquelle on prélude.)
Ah ! voilà notre jeune voyageuse, qui prélude sur sa harpe. Grâce au peu d'épaisseur do celte cloison qui sépare son appartement de cette salle , on peut l'entendre d'ici, comme si l'on étoit chez elle. Ecoutons.
( Elle s'approche de la cloison derrière laquelle Caroline chaule la romance suivante ) :
PREMIER COUPLET
Loin de celui que j'aime , Vivant de souvenirs , Je renferme en moi-même Mes regrets , mes soupirs.
Tout rappelle a ma flamme , L'instant où, sans détour.
S'échappa de mon âme Premier serment d'amour !
Enfin donc, mademoiselle Caroline, on connoît le sujet de votive langueur et de votre rêverie! L'absence d'un amant... Mais, chut!
( Caroline continue à clianter. )
'' DEUXIÈME COUPLET
Quand le soir la nature Pi'end ses voiles épais , Cher Prospcr! je te jure De t'aimcr à jamais !
i5o L'HEUREUX MALGRÉ LUL
Et , sitôt que l'aurore Nous ramène le jour.
Je te répète encore Même serment d'amour !
MADAME HONORINA.
Prosper est le nom du jeune homme; c'est bon à savoir... Eh bien! le troisième couplet?... Allons, on aura interrompu notre plaintive héroïne; ce sera sans doute son oncle, campagnard tant soit peu sauvage; mais qui n'en paroît pas moins un homme estimable et bien né... On vient; c'est sa nièce.