‹ Essais littéraires de Saint-JustChapitre 102 sur 232 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

FONDOR, MADAME FONDOR, ROSALBAN, ERNESTINE, DUPONT.

ROSALBAN, i part.

Le vœu que je formois s'est accompli bien vite. Si cette épreuve est forte, au reste, il la mérite.

i54 L'AVARE FASTUEUX.

MADAME FONDOR.

Je me suis tu, Monsieur, quand ces sots persifleurs Dirigeoient contre vous leurs sarcasmes moqueurs 5 J'aurois craint devant eux de vous ouvrir nion âme j Me sera-t-il permis maintenant

FONDOR.

Eh! Madame!

Epargnez-moi, de grâce, un stérile sermon; Vos discours vaudroient-ils une telle leçon? Et vous. Monsieur! et vous, témoin d'un tel outrage, Que pouvez-vous penser?

ROSALBAN.

Que, désormais, plus sage.

Vous allez, à jamais, abjurer ces travers. Suite d'un esprit foible, et non d'un cœur pervers. Evitez, dans le sein d'une famille heureuse. D'un monde corrompu l'amorce dangereuse.

Vous y payez bien cher des plaisirs imparfaits ; Chez vous, vous en aurez de purs à peu de frais. Ce bonheur qu'ici-bas chacun ambitionne.

Quand l'orgueil nous le vend, l'amitié nous le donne. Sachez donc profiter d'un bien si précieux. Cherchez de vrais amis ; vous connoîtrez près d'eux Que le bonheur n'est point dans de folles largesses. Et que pour bien jouir du fruit de ses richesses.

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