SCÈNE III
MADAME DE VALMORE, SELMOURS
MADAME DE VALMORE
Je VOUS ai fait attendre un peu, je pense?
SELMOURS.
Non.
Depuis fort peu de temps je suis dans ce salon.
MADAME DE VALMORE
Vous me voyez, Selmours, dans une joie extrême ! —
SELMOURS.
Quel motif? —
MADAME DE VALMORE
MontalLert arrive aujourd'hui même.
SELMOURS.
Bon! plus d'obstacle au nœud qui doit m' unir à vous.
MADAME DE VALMORE
Formé loin de mon frère, il m'eût paru moins doux. Pour mieux jouir d'abord du repos qu'il veut prendre. Incognito chez moi, Montalbert doit descendre. Trop heureux de pouvoir, au moins, pendant un jour. Quand mille protégés attendent son retour.
Écarter loin de lui cette foule importune, Par l'intrigue attelée au char de la fortune. Si vous saviez combien il nous en coûte cher, D'avoir quelque crédit! d'iionneur, c'est un enfer!
D'un champêtre séjour, l'aimable solitude, Va vous faire oublier un supplice aussi rude. Ab! que ne sommes-nous déjà dans mon château ! Les trois quarts sont à bas, le reste n'est pas beau 5 Mais du donjon , qu'on voit une riche campagne !
A l'entour nul voisin 5 en face une montagne 5
A droite une foret d'un aspect imposant ; Un ruisseau dans le bas.
MADAME DE VALMORE, légèrement.
Un ruisseau? c'est charmant !
(Très-vile.)
Moi, j'ai toujours aimé l'ombrage, la verdure. Les bois , les prés , les champs et toute la nature ! On ne vit bien que loin des grands et de la cour j Chez le ministre , hier, j'ai passé tout le jour. Pour vous, je lui demande une place.
SELMOURS.
Une place !
MADAME DE VALMORE
Sans doute j cl je l'aurai.