‹ Essais littéraires de Saint-JustChapitre 110 sur 232 · ACTE I, SCENE · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE

SELMOURS.

Bon Dieu ! mon sang se glace !

MADAME DE VALMORE

C'est pour monsieur Selmours que je parle , ai-je dit , Homme considéré, bien né, rempli d'esprit;

Brave à l'excès; qui vient encor dans une affaire

Car, enfin, vous saurez, sous le sceau du mystère. Que c'est lui qui blessant dernièrement Forlis, De ce fat, pour long-temps, a délivré Paris.

SELMOURS.

Quoi! le ministre sait? Qu'avez-vousfait?

MADAME DE VALMORE

Merveille !

A peine mon récit eut frappé son oreille , Que je lui vis soudain prendre un air sérieux, Réflécbi ; dont pour vous , mon clier , j'augure au mieux.

SELMOURS.

Vraiment?

MADAME DE VALMORE

Je dirai plus ; ou je suis bien sa dupe, Ou de vous, maintenant, le ministre s'occupe.

SELMOURS.

Le ministre est trop bon !

MADAME DE VALMORE

Auprès des grands, Selmours,

Quand on sert ses amis , il faut dans ses discours

Savoii' les présenter sous un jour favorable j

Et pour cela vraiment je suis incomparable.

Ainsi donc, vous allez , grâce aux soins que j'ai pris.

SELMODRS.

Non 5 suivant nos moyens servons notre pays. Celui qui dans les champs mène une vie utile , Peut-être ne seroit bon à rien dans la ville. Consultons nos penclians 5 moi, je le dis tout net 5 Je suis plus campagnard qu'homme de cabinet; Irois-je, convaincu de mon insuffisance, De ces solliciteurs grossir la foule immense? Et comme eux intriguer pour avoir un emploi Dont je saurois quelqu'un bien plus digne que mol? Enlever une place au talent, au génie ; Bien loin de la servir, c'est trahir sa patrie.

MADAME DE VALMORE

Tenez; la modestie est la vertu d'un sot; Laissez-moi vous conduire, et j'espère bientôt

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