‹ Essais littéraires de Saint-JustChapitre 122 sur 232 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

SELMOURS.

Me voilà de retour enfin de ma visite !

Je ne me flattois pas d'en être sitôt quitte.

Par bonlieur, j'ai trouvé de nombreux protecteurs 5

Car on en voit autant que de solliciteurs !

D'après mou ordre, à peine étois-je au ministère,

Qu'à la porte, en entrant, je reconnois Lapierre;

Bas Normand , quand jadis il étoit mon portier j

Mais suisse maintenant, grâce à son baudrier.

D'un souris bienveillant, d'abord il me salue.

De la foule me fait traverser la cohue,

Et fièrement me guide à l'anticbambrej là

A deux valets de chambre il me recommanda;

L'un des deux , par égard pour monsieur de Lapierre ,

Me conduisit auprès du premier secrétaire ;

Et d'un air important réclama son appui

Pour l'IiumLle protégé qu'il laisse près de lui.

Alors mon nouveau guide à son tour me promène ;

Vers un grand cabinet d'un pas grave il me mène ;

Et de protection en protection, moi,

En face du ministre à la fin je me voi.

Je l'aborde, il m'accueille, écoute mon affaire,

Et convient que j'ai fait ce que je devois faire...

Me voilà donc tranquille ; et maintenant je puis

D'un soin plus agréable occuper mes esprits ;

Montalbert de retour... Mais on vient! c'est lui-même.

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