‹ Essais littéraires de Saint-JustChapitre 135 sur 232 · ACTE II, SCÈNE IX · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IX

DERVINSS.

Qui poiirroit aujourd'hui me presser davantage Que le soin de venir vous ofFrir mon hommage? Daignez donc agréer mon zèle et mon travail. Dès long-temps je connois jusqu'au moindre détail De la place qui vient de vous être accordée , Et puis vous faire part même de quelque idée , Assez bonne, je crois, pour que vous l'adoptiez. J'ai tout vu de fort près, et sur vos employés J'ai fait certaine note où vous apprendrez vite , Quel est de chacun d'eux le défaut , le mérite ; A vous parler vrai ; moi, je vois plus d'un commis Qu'on ne sauroit trop tôt chasser, à mon avis.

MOiNTALBERT.

Oui ; c'est ce qu'avec vous je vois aussi.

DERVINSS.

De grâce Excusez... On m'a dit que l'un d'eux perd sa place ?

MONTALBERT.

Il est vrai ; j'en sais un près d'être renvoyé.

DERVINSS.

Puisque par vous, Monsieur, il est disgracié. Quel que soit son malheur, sans doute il le mérite.

MONTALBERT.

C'est un homme en effet...

— ^ DERVINSS.

Sans talent, sans mérite 5 J'en suis sûr.

MONTALBERT.

Et de plus, sot, intéressé...

DERVINSS.

Fripon.

C'est aller un peu loin ! vous exagérez.

DERVIX SS.

Non.

MONTALBERT.

Ainsi, décidément, il faut donc...

DERVINSS.

Qu'on le chasse.

MONTALBERT.

On doit chercher avant quelqu'un qui le remplace.

DERVINSS.

J'ai votre affaire.

MONTALBERT.

Bon ! comment?

DERVINSS.

J'ai fort à cœur De donner à cet homme un digne successeur.

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