ACTE III, SCÈNE «II
SELMOURS.
Comment? Expliquez-vous —
MADAME DE VALMORE
Mon crédit en ces lieux M'assure les moyens de faire des lieureuxj ^pÎ' -nt' ■<■' Mais aux cliamps ce crédit me devient inutile.iT>fto/
SELMOURS.
C'est ce qui vous arrête? Oli Lien! soyez tranquille.
Le campagnard aussi trouve l'occasion
De donner un champ libre à sa protection :
Souverain, ou plutôt seconde Providence,
Chez lui de son pouvoir tout ressent l'influence :
Etre utile est un Lien qu'il goiite tous les jours.
Et les moindres oLjets ont droit à ses secours. >
Contre les aquilons, qvic ramène l'Automne, -9 >^
Il protège les dons de Flore et de Pomonej
De l'herLe parasite il délivre souvent
La plante confiée à son œil vigilant.
Elle renaît alors, et la fleur l'accompagne ;
Car toujours, sans délais, au sein de la campagne,
On recueille le fruit de ses soins délicats,
Et là, du moins, jamais on ne trouve d'ingrats.
MADAME DE VALMORE
Je ne puis m'empêcher d'admirer quelle adresse Vous savez employer pour flatter ma foiLlesse !
Je voulois opérer votre conversion ,
Et c'est moi qui me range à votre opinion.
Mais Montalbert sera moins facile à se rendre :
Pour tout concilier comment dois-je m'y prendre ?
Car jamais, sans l'aveu d'un frère, d'un ami ,
Je ne voudroisl...
SELMOURS.
On peut le ramener aussi.
MADAME DE VALMORE
J'en doute.
SELMOURS.
Je m'apprête à risquer i' aventure.
Je ne me trompe pas, j'entends une voiture.
MADAME DE VALMORE
C'est celle de mon frère.
SELMOURS.
Il monte; laissez-nous.
Pour moi vous agirez en agissant pour vous. Adieu donc.
( Elle sort. )