‹ Essais littéraires de Saint-JustChapitre 144 sur 232 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

MONTALBERT, SELMOURS.

SÈLMOURS.

C'est toi?... tant mieux. Allons ; terminons, je te pric^.!

MONTALBERT, très-froidemeat.

Quoi donc, Monsieur?

SELMOURS.

Monsieur? ah! la cérémonie S'en mêle? Eh bien! allons; avec tout le respect Dont je me sens. Monsieur, saisir à votre aspect.

Je vous rappellerai que j'aime, que j'adore. Depuis près de deux ans, madame de Valmore, Et qu'elle est prête enfin à m' épouser, pour peu

Que Monsieur veuille bien me donner son aveu. Daignez donc trouver bon que je vous sollicite

MO:\TALBERT, avec ironie.

A quoi donc pensez-vous? vous oubliez bien vite Que ce noble soutien, qui vous suit en tous lieux, Vous dispense....

SELMOURS.

Non pas pour l'objet

MONTALBERT.

C'est beureux!

Vous convenez qu'il est certaine circonstance Où l'or^ dont votre orgueil vantoit tant la puissance

SELMOURS.

Arrêtez, Montalbert ; vous vous êtes mépris j Ou, plutôt, vous feignez de m' avoir mal compris. De toutes les faveurs que répand la fortune , Vous le savez trop bien, je n'en estime qpa'une : Que d'autres, à leur gré, jouissent du bonheur De lui devoir l'éclat d'une vaine splendeur j Moi, si je mets un prix au pouvoir qu'elle donne, C'est lorsqu'à son penchant mon âme s'abandonne , Et que, suivant mes vœux, je puis, grâce à mon bien. D'un parent, d'un ami, devenir le soutien. Je ne leur promets point ma faveur pour ressource j Mais, tout bourgeoisement, je leur offre ma bourse.

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