ACTE I, SCENE IV. 2(i
et Lien, supposons que Sopliie n'ait point perdu cette bonté , cette candeur qui la faisoient tant ctérir chez son père ; croyez-vous qu'elle conserve long-temps ce caractère , vivant sans cesse avec tous ces seigneurs si fiers et si dédaigneux ?
HERMAN
Il peut y en avoir dans le nombre qui méritent d'être distingués.
MUNSTER
Ma foi, je n'en sais rien; et si je juge des autres personnes de la cour par cette princesse de Ratibor , vaine , acariâtre , et cependant chargée par l'empereur de perfectionner l'éducation de sa jeune épouse , vous avouerez que je ne dois pas avoir une opinion bien avantageuse de la manière dont l'impératrice est entourée.
Je conviens que la princesse de Ratibor ne jouit pas d une réputation...
MUNSTER
Croyez-vous celle du comte de Wirtemberg beaucoup meilleure ?
HERMAN
Le comte, à la vérité, passe pour être ambitieux et trOs-sévère j cependant son caractère sombre et ré-
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serve , feroit présumer que son âme est plutôt aigrie par quelque malheur secret, que corrompue par le vice.
MUNSTER
Mais , comment diable ! Quand tu aurois passé ta vie à la cour, tu n' aurois pas plus d'indulgence pour ceux qui l'habitent. Parbleu î voyons comment tu feras pour excuser encore un certain chevalier Herman d'Unna,..
MARIE
Oh ! celui-là je te l'abandonne.
IDA
Et moi aussi.
HERMAN
Qu'a-t-il donc fait ?
MUNSTER
Tu sais que j'avois exposé deux tableaux à l'Académie de Prague. M. le chevalier les voit, les trouve à son gré , promet de les payer le double de leur valeur, et les fait emporter chez lui; mais sans doute trop occupé pour avoir le temps de payer ses dettes, depuis plus de deux mois qu'il a mes tableaux , je n'ai point entendu parler de lui.
IIERMAN, à part.
Quel oubli impardonnable !