‹ Essais littéraires de Saint-JustChapitre 18 sur 232 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

IDALCAN, MIRZA, ZÉANGIR, OROSMIN, VASCAR, suite

d^Idalcan avec des flambeaux.

IDALCAN.

Allons ! ne tardons plus à punir mon ofFense. Quoi ! deux traîtres ici s'offrent à ma vengeance ! De ce crime odieux, je vais dans ma fureur Frapper d'un même coup le complice et l'auteur.

( A Zéangir. )

Est-ce toi que suivoit une esclave infidèle?

Pour rendre ton audace encor plus criminelle,

Peu content d'abuser de cette liberté

Que daignoit t'accorder ma facile bonté,

Tu fuis, livré sans doute à d'indignes alarmes.

Le jour même où peut-être enfin le sort des armes...

3o MIRZA.

ZÉANGIR

Bien mieux que mes discours , les effets détruiront Un soupçon qui d'horreur a fait pâlir mon front : Et quant à cette fuite, en secret projetée. Par moi seul en ces lieux, elle fut arrêtée; Mon bras étoit armé pour punir ce forfait : Sors donc de ton erreur, et crois que ce projet. Qu'avec raison Mirza ne me fit point connoître , Plus que toi me surprend et m'indigne peut-être.

IDALCAN, ii Orosmin.

Eh bien! c'est donc sur lui que je dois me venger j Perfide ravisseur, qui m'osois outrager : Au cœur où j'aspirois, on te voyoit prétendre? Tremble! de mes fureurs rien ne peut te défendre.

OROSMIN.

Tu tiens de ton pouvoir le droit de m'immoler^

Mais renonce à celui de me faire trembler.

Peu m'importe en mourant que ta vengeance oublie

Qu'au gré de mes souhaits un tendi-e hymen me lie,

Et qu'à des nœuds si doux je borne mon bonheur.

Sur moi , si tu le veux, assouvis ta fureur ;

Je méprise tes coups; je fais plus, je les brave.

Mais crois-en mes discours; du cœur de ton esclave.

S'il est vrai qu'un rival ait trouvé le chemin.

Ne crois pas t'en venger en frappant Orosmin,

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