ACTE II, SCENE III. 3i
IDALCAN.
Qu'entends-je? L'un s'armoit pour punir mon offense 5
L'autre par son hymen prouve son innocence. . .
0 rage! quoi ! je tiens un rival odieux,
Et je le cherche encor quand il est sous mes yeux!...
Madame! pour frapper, j'attends votre réponse.
MIRZA, à part.
Ciel! où me réduis-tu? faut-il que je prononce La perte d'un amant si digne de ma foi , Ou celle d'un ami qui s'expose pour moi ?
ZÉANGIR , à Mirza.
Répondez; n'ai-je point empêché votre fuite?
MIRZA
Oui.
OROSMIN , à Mirza.
Pour VOUS plaire enfin, fis-je quelque poursuite?
MIRZA
Jamais.
ZÉANGIR
De ce projet, un autre est donc l'auteur.
OROSMIN.
Un autre aspiroit donc au don de votre cœur?
IDALCAN.
Finissez, c'en est trop : se fait-on une étude D'accroître les tourmens de mon incertitude?
32 MIRZA
Madame, au même instant terminez ces débats, Et montrez-moi le cœur où doit frapper mon bras. Enfin, par cet aveu méritez ma clémence. Le devoir vous prescrit
MIRZA
De garder le silence.
Sortez j de mon courroux vous connoîtrez l'effet.
MIRZA
J'obéis : vous, Seigneur, prononcez mon arrêt; Et croyez que Mirza, dédaignant toute plainte. Le prévoit sans regrets, et l'attendra sans crainte.
(Elle sort.)