‹ Essais littéraires de Saint-JustChapitre 191 sur 232 · ACTE II, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VI

HERMAN

Ida me pardonne !

Combien elle est bonne Ah ! ce peu de mots

^ / Me rend le repos.

IDA

Allons , je pardonne , 11 faut être bonne.

Ah ! ce peu de mots Lui rend le repos.

IDA

A vos vœux si je fus docile , Soyez-le aux miens h votre tour ; Et d'une espérance inutile Cessez de nourrir votre amour.

HERMAN

O ciel ! quel désir est le vôtre ?

„ j. ,'. ., .. IDA.

Le sort nous fit-il l'un poiu- l'autre ?

HERMAN

Oui, j'en jure par les nœuds

Qui nous rendront bientôt heureux.

IDA

Moi souffrir que votre tendresse Jusqu'à la pauvre Ida s'abaisse !

HERMAN

Lorsque je vous donne ma foi.

Charmante Ida ! daignez apprendre

29^ IDA

Que vers vous c'est bien moins descendre Que vous élever jusqu'à moi.

HERMAN

Oui , l'amour qui m'enflamme ^l'inspire ce désir ; Et du fond de mon âme w I Rien ne peut le bannir.

IDA

Une funeste flamme Fait naître ce désir.

Mais du fond de votre âme Je saurai le bannir.

IDA

Ail, Seigneur' rappelez votre raison. Songez

Non, je saurai braver de vains préjugés; Sophie vous aime, et ne pourra se refuser à notre bonheur. Mais que dis-je? je ne fais que l'imiter. Ne vient-elle pas (le vous placer au-dessus de toutes ses compagnes, en vous choisissant pour lui présenter la coupe au banquet qui s'apprête?

IDA

Et qui, sans doute, aura bien moins de prix à mes yeux que le repas modeste que nous fîmes ce matin chez le bon Munster ! Je l'avouerai , ce n'est qu'en tremblant que je m'apprête à jouir de la faveur qui m'est

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