ACTE II, SCENE VIII. 3oi
LE COMTE
Ignorez-vous que les plus puissans de l'Empire ont été souvent au nombre de ces juges dont vous paroissez soupçonner l'intégrité ?
Je sais que ces hommes, moins juges que bourreaux, sont toujours prêts à épier nos discours, nos démarches j qu'ils se trouvent au milieu de nous sous mille formes différentes, marchent à nos côtés; sous le nom officieux d'un ami , cherchent souvent à nous entretenir, et nous punissent souvent de notre confiance. N'importe; peu fait à la crainte, je pai'lerois aux juges de ce tribunal comme à vous-même... Mais c'est assez : vous croyez cette institution utile ; vous pouvez la défendre. Je la trouve dangereuse, tyrannique; je ferai tout pour la détruire. Adieu.
(Il sort. )