‹ Essais littéraires de Saint-JustChapitre 225 sur 232 · CHANT PREMIER · texte numérisé non relu

CHANT PREMIER

iVlusE! je vais clianter la vertu, le malheur 5 Fais passer dans mes sens ta divine clialeur. En célébrant Suffolk *, prenons soin de sa gloire; Et lorsque dans mes vers je trace son histoire, A mon âme attendrie inspire des accens Conformes au malheur de l'objet de mes chants!

Jeanne Oray, petite-fille du duc de Suffolk.

Edouard, à l'instant de terminer sa vie.

Au mépris des désirs et des droits de Marie ,

Voulant, par les vertus, voir le trône liouoré,

Nomma pour successeur l'illustre Jeanne Gray.

Un sort si glorieux eut peu d'attraits pour elle ;

Son cœur fut moins flatté de sa grandeur nouvelle

Que d'unir ses destins à ceux de son amant.

Le rang qu'elle lui donne est son moindre présent;

A l'amour de Gilfort que fait un diadème?

Dans celle qu'il adore il ne voit qu'elle-même 5

Satisfait de former le plus tendi'e lien ,

L'amour est tout pour lui , la couronne n'est rien.

Ils bénissoient tous deux leur cliaîne fortunée ;

Mais le sort vint bientôt changer leur destinée.

Marie a rassemblé des amis , des soldats ; Combat, triomphe, et rentre enfin dans ses Etats. Ardente à se venger d'une chute fatale , Elle marche au palais qu'habite sa rivale. De ses foibles amis l'abandon ou les pleurs Font bientôt à Suffolk connoître ses malheui-s : Opposant au destin un courage inflexible , A ses propres revers son cœur est peu sensible ;

Mais toi, tendre époux ! toil... jadis si fortuné! Toi ! par ses jeunes mains à peine couronné, Qui de tous ses trésors es le seul qui lui reste; Gilfort ! soutiendras-tu ce changement funeste ? Au milieu des dangers , au sein de ses douleurs , Voila l'unique ol)jet qui fait naître ses pleurs. Tremblante pour Gilfort, et respirant à peine, Auprès de son époux, son désespoir l'entraîne;

Elle vient soutenir sa force et sa vertu

Elle entre; elle le trouve immobile, abattu,

Les yeux baignés de pleurs. « Clier époux, lui dit-elle,

» Cesse de t'alïliger ; la fortune cruelle

» Nous enlève, il est vrai, notre sceptre aujourd'hui;

;) Mais la vertu nous reste, et sera notre appui.

» Quel si grand changement cette triste journée

)) Apporte -t-elle donc à notre destinée?

» Je cesse d'être reine, et mon éclat finit;

» Mais je suis ton épouse, et ce nom me suffit.

» Je sens qu'il m'est plus doux , dans ma chute profonde,

» De recevoir tes lois , que d'en donner au monde :

» Dans un désert , tâchons de nous réfugier ;

w Marie, avec le temps, pourra nous oublier;

» Et moi je te promets, dans ta fuite cruelle,

w D'accompagner tes pas, de te rester fidèle ;

34o LA MORT DE JEANNE GRAY.

» D'un époux adoré, prévenant les désirs,

» Je vivrai pour lui seul jusqu'aux derniers soupirs ;

)) J'adoucirai ses maux, et lui promets d'avance

)) De lui rendre en amour ce qu'il perd en puissance...

)) Je le vois , cher Gilfort 1 nos cœurs s'entendent Lien ,

)) Et je lis dans tes yeux la fermeté du tien.

» Instruit de nos mallieurs, que l'univers s'étonne,

>) Voyant que sans regi-ets on quitte une couronne 1

)) L'instant de notre gloire est enfin arrivé

)) Crois-moi j s'il est besoin d'un courage éprouvé )) Pour monter à ce rang , même pour y prétendre j V 11 en faut plus encor pour savoir en descendre. »

C'est ainsi que SufFolk , par des transports si doux ,

Espéroit adoucir les malheurs d'un époux.

Mais l'âme de Gilfort, par la douleur aigrie,

S'ouvre aux plus noirs pensersj il tremble que Marie

Jusqu'aux lieux qu'il baljite arrivant en vainqueur,

Sur la triste Suffolk n'étende sa fureur.

Il concevoit , bêlas ! de trop justes alarmes !

Son palais retentit bientôt du bruit des armes.

D'une garde nombreuse il se voit entouré.

Et de sa tendre épouse à jamais séparé.

Dans le fond d'un cachot Suffolk est entraînée

Prévoyant de son sort l'affreuse destinée ,

Vers l'époux qu'elle adore elle tourne les yeux,

Et lui fait, en pleurant, de pénibles adieux

Sur sa douleur, enfin, son courage l'emporte 5 Et sans plainte elle suit cette infâme coliorte.

Gilfort demeuré seul, étouffant ses sanglots, Est près de succomber sous le poids de ses mau\. Pâle , défait , il roule en son âme oppressée Les noirs pressentimens qui troublent sa pensée. Sous le plus sombre aspect, mille objets odieux Remplissent son esprit, et s'offrent à ses yeux. Souvent, dans un transport , il se lève ; il appelle Avec des cris aigus son épouse fidèle j

Croit la voir dans ses bras se jeter en pleurant

Aperçoit son erreur , et retombe mourant. Tantôt, d'un pas rapide il parcourt en silence,

De son palais désert, la solitude immense

Le basard a voulu qu'en cet instant fatal, ^es yeux se soient portés sur le lit nuptial : De ses forces alors son âme est dépourvue ; Sur cet objet funeste il attache sa vue ,.

Et, livré tout entier à sa sombre fureur, D'un triste souvenir il repaît sa douleur.

Qu êtes-vous devenue? ô nuit ! o nuit cliarmante !

Où ces tendres amans , dans leur âme brûlante ,

Sentirent succéder aux timides soupirs ,

L'ivresse du bonheur et le feu des plaisirs?

Témoin des doux transports de ce couple fidèle,

La lune commençoit sa carrière nouvelle ;

Invitant à l'amour , ses rayons argentés

Répandoient sur ce lit leurs paisibles clartés.

Cet astre voit Gilfort, dans l'ardeur qui le guide.

Oser braver les pleurs d'une amante timide 5

Et, plein de ses transports , la serrant dans ses bras.

Presser, toucber, baiser, dévorer ses appas 5

Concentrer le bonheur dans son âme enivrée ,

Et jouir des attraits d'une épouse adorée !

De ces attraits charmans! cachés jusqu'à ce jour.

Et qu'enfin la pudeur abandonne à l'amour.

0 revers ! , . . Maintenant de cette même lune ,

A peine à son déclin, la lumière importune

Eclaire tristement ce lit abandonné ,

Qui sembloit au plaisir à jamais destiné.

C'en est fait, tlii bonheur le plus doux il ne reste

A ces tristes époux qu'un souvenir funeste.

Hélas ! tant de puissance, et surtout tant d'amour,

N'étoient qu'un songe heureux qui n'a duré qu'un jour!

Ainsi, dans nos climats, apportant le ravage

Sur les champs attristés, pèse un brûlant orage 5

L'air mugit, le ciel change, et les vents destructeurs

Fondent, en balayant et les fruits et les fleurs.

Sous leur poids les forets gémissent inclinées j

Le mer vomit au loin les vagues déchaînées j

Au milieu des étés revient l'hiver affreux ;

Il chasse 1q soleil, tinomphe de ses feux.

Et, troublant dans son cours la nature étonnée.

Renverse les saisons et l'ordre de l'année.

Tout change pour Suffolk : au lieu de ce palais Où venoient l'adorer ses fidèles sujets. Elle ne trouve plus qu'une prison cruelle 5 Elle appelle Gilfort, et ne voit auprès d'elle. Au lieu du tendre époux qui lui donna sa foi, Qu'un soldat menaçant qui la glace d'effroi.

Captive, détrônée, en ces momens fiinestes,

Sainte religion ! toi seule tu lui restes !

Soutien de l'infortune, adoucis son tourment.

Et verse dans son cœur ton baume consolant.

C'est alors que du sort on devient la victime,

Qu'on ressent les effets de ta force sublime ;

C'est alors que ta voix , digne organe des dieux ,

Aime à se faire entendre au cœur du malbeui'eux.

Dans cet appui divin mettant son espérance ,

Suffolk, au sein des maux, ranime sa constance :

A genoux, la voix foible, et le regard mourant.

De sa tombe elle rompt le silence effrayant.

Vers le ciel , seul témoin de ses pleurs , de ses peines ,

Levant avec effort ses bras chargés de cbaînes :

« Dieu tout-puissant ! dit-elle ; ô toi ! dont les décrets

)) Me plongent en des lieux réservés aux forfaits;

» Toi! qui m'as fait, à peine au sortir de l'enfance,

» Du destin, en un joiu", éprouver l'inconstance,

)) Egale mon courage aux maux que je ressens ;

)) Et, si dans les honneurs, à la fleur de mes ans,

)) Au milieu des plaisirs de ma gloire passée ,

■)) Tu ne te vis jamais banni de ma pensée,

» Prive-moi de la vie et d'un titre sacré 5

» Mais conserve les jouis d'un époux adoré. »

Tandis que dans les fers parle ainsi l'innocence .

L'implacable Marie apprête sa vengeance :

Par son ordre inliuinain , l'épouse de Gilfort,

Au retour du soleil , doit tei-miner son sort.

Cet astre , en se coucliant sous ces affreux présages ,

Pâle, et le front couvert des plus sombres nuages,

Paroissoit s'attrister de la nécessité

De venir rendre au jour sa brillante clarté.

La nature déjà se couvre de ses voiles ;

Dans un ciel ténébreux se cachent les étoiles j

Des oiseaux de la nuit les lamentables cris,

D'un invincible effroi glacent tous les esprits 5

De nuages de feu l'horizon se colore 5

L'éclair bi'ille... et la pluie, en tombant, mêle encore

Son bruit mélancolique aux sourds mugisseraens

Qu'en CCS lieux de terreur font retentir les vents.

Enfin, du jour qui doit remplacer ces ténèbres,

Tout annonce l'horreur et les scènes funèbres.

riN DU CHANT PREMIER.

Le crime couronné clierclie en vain le repos

L'innocence en jouit, même au fond des cacliots : Suffolk sommeille... un songe irritant sa misère. Lui rend , avec Gilfort , un trône imaginaire : Ses flottes, son armée, au gré de son espoir, Sur la terre et sur l'onde étendent son pouvoir. Dans l'appareil pompeux que sa puissance étale , Brille en tout son éclat la majesté royale 5 Elle tient dans les fers des fantômes sanglans ; Elle entend célébrer ses exploits éclatans ; Cette reine cruelle, à sa perte acharnée. Est devant sa rivale, à son tour encliaînée.

Par la mort ses forfaits doivent être expiés

Mais Suffolk s'attendrit, la voyant à ses pieds 5 Et , Lien loin d'écouter la sévère justice , La relève, et lui tend une main protectrice.

Les rayons de l'aurore , en jouant sur les eaux ,

Viennent déjà dorer la cime des coteaux.

Le soleil reparoît, et ses clartés naissantes

Chassent vers l'occident les ombres Llancliissantcs.

Dans son triste réduit s'éveille l'artisan 5

Les projets de vengeance au palais du tyran.

De l'époux amoureux un doux soupir s'exliale ; ,

En quittant à regret la couclie nuptiale :

Suffolk seule, livrée à l'horreur de son sort,

Reconnoît son erreur , et cherche en vain Gilfort.

« Pardonnons à la nuit son funeste mensonge ,

» Dit-elle 5 w et ces honneurs ! étoient-ilsplus qu'un songe?...

Tout à coup elle entend des soldats s'avancer;

On entre... c'est la mort qu'on lui vient annoncer.

Quel cœur, à son destin, refuseroit des larmes? Hélas! la main du temps, développant ses charmes, A ses grâces encore ajoute chaque jou.r. Et porte dans ses sens et la vie et l'amour. Ces jours délicieux, ces nuits plus foi'tunécs, Que l'amour promettoit, que l'hymen a données ; Ces hommages flatteurs , qu'attiroient ses vertus ; Elle en connoît le charme ! et n'en jouira plus !

De l'horrible cachot où son destin l'enchaîne ,

Son œil fixe la voûte obscure et souterraine ,

La pénètre; et s'élance avec sérénité,

Jusques aux régions de l'immortalité ;

C'est là que , de ses maux , son âme dégagée ,

Dans le sein de la paix respire soulagée ;

Insensible pour elle , et soumise à son sort ,

Rien ne l'attache plus au monde que Gilfort.

Mais Gilfort dans son cœur vient combattre sans cesse ;

Son image la suit, et lui rend sa foiblesse.

De même que le feu, par le vent agité,

Répand son inégale et mourante clarté ;

S'affoiblit , se ranime , et se rallume encore

Autour de l'aliment que sa flamme dévore ;

Tantôt son cœur jouit d'un céleste repos ;

Tantôt il est en proie aux plus rudes assauts ;

Et ne sent plus , sorti de ce moment d'extase ,

Que les maux qu'il éprouve , et l'amour qui l'embrase !

Des larmes de Suffolk, et même de sa mort, Sa rivale paroît peu satisfaite encor ; Elle voit à regi-et la vertu qui l'anime, Et veut tenter le cœur de sa jeune victime.

L'épouse de Gilfort destinée à souffrir

Croyoit, dans sa douleur, n'avoir plus qu'à mourir.

Un bruit sourd vient accroître encor sou épouvante...

On ouvre 5 et son époux à ses yeux se présente.

D'un long laaLit de deuil il paroît revêtu ;

Ses clieveux sont épars , et son front abattu ^

Le regard immobile, et gardant le silence,

Vers son épouse en pleurs, à pas lents il s'avance 5

Ce n'est plus cet amant ceint du sacré bandeau.

C'est un pâle fantôme échappé du tombeau.

Suffolk frappée à l'âme , en ce moment horrible ,

Se déchire le sein, et pousse un cri terrible ,

Ne peut plus résister à ces funestes coups ,

Frémit, chancelle , et tombe aux pieds de son époux.

Sur son corps expirant, Gilfort se précipite,

La relève 5 et soudain il mugit, il s'agite ;

Sur les traits d'uue épouse il croit voir le trépas ;

La tient contre son cœur, la presse dans ses bras 5

Par un baiser de feu la ranime, et rappelle

Son âme toute prête à s'échapper loin d'elle.

De même, le flambeau qui brille dans la nuit.

Rend la vie au flambeau qu'un souffle avoit détruit.

Suffolk étend les bras , les soulève avec peine 5

Ils retombent bientôt sous le poids de leur chaîne.

35o LA MORT DE JEANNE GRAY.

« Clier époux ! ce nom seul abrège tes instans , » Dit-elle ; » et ses sanglots étoufTent ses accens. L'amour rentre en son cœur, et son pouvoir funeste Revient combattre encor la force qui lui reste. « Que m'importent mes jours, lui répondit Gilfort, » Et que peut-on gagner à différer sa mort?... » 0 Suffolk ! va, crois-moi 5 sans peine j'abandonne )) A mes tyrans cruels, ma vie et ma couronne 3 )) Si je me sens percé des plus borribles traits,

M C'est en songeant qu'il faut te quitter à jamais

)) Moi, te quitter !... oh non! De ma lèvre brûlante, » Toujours, toujours presser cette bouche charmante! )) Toujours suivre tes pas ! toujours vivre pour toi !... )) Idole de mon cœur ! oui... viens, viens contre moi. )) Dans nos brûlans transports , que nos âmes s'unissent , )) Et qu'au sein du bonheur elles s'anéantissent! » 0 ma chère Suffolk 1 délivre-moi des fers ; » Rends-moi tous mes honneurs, donne-moi l'univers, )) Fais 'changer, en un mot, le destin qui m'éprouve, )) Et me demande ensuite où mon bonheur se trouve 5 )) Oubliant les tourmens qui m'attendent ici j )) Je te tiens dans mes bras, et réponds : Le voici !... » Mais vaine illusion , que la douleur remplace ! Bientôt l'amour se tait, le délire se passe ,

Et pendant cet instant d'erreur et de repos , Rendus à la raison, ils le sont à leurs maux.

A. peine ces époux sortent de leur ivresse,

Que la reine a recours à sa perfide adresse :

Dans le fond du cacliot, une porte d'airain

S'ouvre, et laisse entrevoir un vaste souterrain.

Les regards de SufFolk, errans dans ces ténèbres.

Découvrent de la mort les instrumens funèbres.

©u sang de ses amis, un fer qui fume encor.

En redoublant ses maux, lui présage son sort.

Là, tout accroît l'horreur dont son âme est atteinte.

'C'est ainsi que Marie espère par la crainte

Dont elle l'environne, en cet affreux séjour,

Triompher de son cœur ébranlé par l'amour.

Un prêtre se présente en ce lieu solitaire :

Ses regards sont baissés , sa démarche est austère ;

Des bourreaux teints de sang accompagnent ses pas j

Il annonce à Suffolk que par un prompt trépas

Gilfort, sur l'échafaud , va perdre la lumière ,

Et qu'elle est condamnée à mourir la dernière.

Survivre à mon époux! dit-elle ; non jamais !

Le barbare épioit ses mouvemens secrets j

Croyant avoir surpris un moment de foiblesse :

« Ne vous affligez point , malheureuse princesse ;

» Reprend-il j vous pouvez tout espérer encor 5

» De vous seule dépend le destin de Gilfort. »

A ces mots, tout à coup, son âme est éperdue :

Ses esprits sont glacés 1 sa vie est suspendue !

Sur ce prêtre odieux son regard s'est lancé ,

Et toujours dans l'attente il y reste fixé.

« A la religion que Rome nous commande ,

» Madame , il faut , dit-il , que votre cœur se rende ;

» Votre reine, à ce prix, calmera son courroux,

» Et vous pouvez, d'un mot, sauver Gilfort et vous. »

Divins pouvoirs du ciel ! soutenez sa constance !

Son malheur n'étoit rien , c'est alors qu'il commence!

Que faire, hélas ! Céder?... plutôt cent fois la mort!

Prononcer un refus ? c'est l'arrêt de Gilfort ! —

Du mortel foible, et prêt à périr sous l'orage,

L'Être éternel peut seul soutenir le courage.

Au sein de nos malheurs ayons recours à lui ;

Il nous prête sa force, et devient notre appui.

SufFolk tombe à genoux j vers le ciel , en silence

Elle élève son cœur, séjour de l'innocence j

Renonce au monde, et peint, dans un touchant adieu,

La douleur de son âme et l'amour de son Dieu.

Bientôt de; ses tourmens SufFolk est délivrée j Son visage s'anime, elle semLle inspirée ; Et sur son front, où brille une douce clarté,

Du souverain des rois descend la majesté

Madame, c'en est trop! dit le ministre impie; Choisissez; voulez-vous ou la mort ou la vie? « La mort, » répond Suffolk. En finissant ces mots , Elle tombe expirante aux pieds de ses bourreaux ; Et son âme, quittant sa dépouille mortelle, Va jouir dans les ci eux d'une gloire éternelle.

ILl ?MIÎ- 1

Le morceau suivant est une traduction libre d'un fragment de Claudien. J'en ai extrait plusieurs vers que j'ai placés dans la dernière scène du second acte de ma comédie des Protecteurs.

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