ACTE ÎI, SCÈNE VIH
SÉLIM
Voler à la victoire.
ZÉANGIR
C'est immoler Mirza !
SÉLIM
C'est vous couvrir de gloire.
ZÉANGIR. i ' > ' '
Veux-tu donc la livrer à ce bûcher fatal?
SÉLIM
Voulez-vous la livrer à l'amour d'un rival?
ZÉANGIR
Quel sort !
SÉLIM
A ses rigueurs hâtez-vous de souscrire. ' - '
ZÉANGIR
Il m'arrache une amante !
SÉLIM
Il vous offre un empire.
ZÉANGIR
Ainsi donc, Zéangir, l'achetant à ce prix, Doit sacrifier. . .
SÉLIM
Tout, pour servir son pays.
ZÉANGIR
A ma |)atric^ liélas ! plus mon cœur est fidèle,
42 MIRZA
Plus je crains aujourd'hui de combattre pour elle ! Quoi ! c'est de moi , grand Dieu ! que dépendroit son sort Peut-être, dans l'ardeur de mon premier transport, Je verrois Idalcan rouler dans la poussière ; Mais en levant sur lui mon arme mieurtrière , Je sentirois bientôt une invisible main, ^
M' arracher le poignard prêt à percer son sein. Qu'à la honte, Décan, ma foiblesse t'expose!... Non, cherche un autre bras pour défendre ta cause.
SÉLIM
Eh bien ! de vos refus inibrmé par ma voix , Votre père. Seigneur, va faire un nouveau choix.
ZÉâNGIR.
Ciel ! que dis-tu? malheur à qui prendroit ma place ! Pour venger mon offense, et punir cette audace, Zéangir par le sort un instant abattu, Recouvreroit bientôt sa force et sa vertu ! Quoi! le peuple et mon père, honorant mon courage. Pour servir mon pays me donnent leur suffrage ,• Et moi, je pourrois donc, trahissant mon devoir, Renoncer à mes droits, et tromper leur espoir! Quel que soit le tourment de mon âme oppressée , Je n'ai jamais conçu cette horrible peasée... Si l'amour à ce point avoit pu m' avilir. Sans doute j'aurois vu l'ami de Zéangir,