ACTE II, SCENE VIII
Bien loin de seconder une indigne bassesse, Par ses nobles amis combattre ma foiblesse.
SÉLIM
Ail I prince ! je savois que la voix de l'honneur Plus haut que mes conseils parloit à votre cœur^ Témoin de vos combats , sûr de votre victoire , J'ai voulu qu'à vous seul en £ùt toute la gloire.
ZÉANGIR. ''•''' '■ •;•'•-'•'
Pour prix de tant d'amour , commettre un tel forfait ! . . .
Sort cruel ! tu le veux ; tu seras satisfait.
Il faudra l'accomplir ce sacrifice impie,
Et bientôt à mes yeux une amante chérie,
De bourreaux entourée, en proie à ses douleurs.
Pour tout reproche, hélas! me montrera ses pleurs j
Ses regards me diront : « Au sein de cet asile,
)) Sans toi je coulerois encore un sort tranquille j
» Je te vis, je t'aimai, je te crus mon appui 5
)) Et c'est par toi, cruel, que je meurs aujourd'hui! »
Et je pourrois, ô Ciel! permettre qu'on immole...
SÉLIM
Eh ! Seigneur !
ZÉANGIR
Ne crains rien, j'ai donné ma parole.
Je saurai m' éviter des regrets superflus... L'honneur le veut ainsi, je ne balance pbis,-
44 MIRZA
Oui, dans l'infâme sang d'un rival que j'abhorre, Je vais plonger mon bras, le replonger encore... Garde-toi d'applaudir à ma bouillante ardeur j Connois ce qui la fait renaître dans mon cœur ; Je t'en préviens, ami, ce n'est pas le courage,- L'amour de mon pays, la gloire j c'est la rage !.. . Mais sans doute, déjà mon ennemi m'attend ; Allons combattre, vaincre j et mourir à l'instant.