ACTE m, SCENE I
SARAÏ
Comment soutiendrez-vous un sort si rigoureux?
MIRZA
Celui de Zéangir est cent fois plus affreux.
Si l'arrêt des destins en ce jour m'est contraire,
Du moins à mes malheurs la mort peut me soustraire
Sur toi seul, Zéangir! doit tomber ma pitié;
Je te vois, tour à tour, menaçant, effrayé.
Retenu par l'amour, emporté par la gloire.
Combattre, désirer et craindre la victoire j
Hélas ! tu ne saurois , en ce moment cruel ,
Écouter ton amour sans être crim.inel ;
Et pourtant tu ne peux, dans ta rage impuissante.
Frapper ton ennemi sans frapper ton amante!
Mais quel bruit? — De terreur il glace mes esprits!
SARAÏ
Je n'en saurois douter, ce tumulte, ces cris, De la fin du combat sont les marques certaines.
MIRZA
Je meurs ! . . . .
SARAÏ
Dieux tout-puissans ! daignez calmer ses peines.
MIRZA
Pardonne ma foiblesse ; un invincible effroi , Malgré tous mes efforts, s'est emparé de moi.
5o MtRZA.
SARAÏ
C'est trop tarder; il faut que j'éclaircisse un doute, Plus affreux que les maux que pour vous je redoute.
(Elle sort.)