ACTE m, SCÈNE ï
SAKAÏ.
Orosmin est, dit-il, l'objet de son voyage j Il voudroit en secret lui remettre un message.
MIRZA
Â-t-il pu t' informer du destin de Plianor?
SARAÏ
Hélas î
Ciel!
Phanor..
MIRZA
SARAl.
MIRZA
Parle.
SARAÏ
A terminé son sort.
MIRZA
Il n'est plus ! . . . tout m'accable ! . . . ô vieillard ! ô mon père ! Daigne encor recevoir ce nom. . . Mais ce mystère Dont Orosmin... Ali! prête à subir mon arrêt. Que m'importe, après tout, de savoir ce secret?
SARAÏ
Votre cœur doit-il donc perdre toute espérance ? Si d'un amant le Ciel seconde la vaillance, Vous le verrez bientôt, faisant valoir ses droits. Venir vous arracher à de coupables lois.
48 MIRZA
MIRZA
La victoire orneroit son front du diadème,
Qu'il n'auroit point le droit de sauver ce qu'il aime 5
Ah! connois mieux ce peuple, et bannis tout espoir;
Quand pour moi Zéangir armeroit son pouvoir,
La superstition, les préjugés, l'usage,
Rendroient vains les eflPorts que feroit son courage.
D'un avenir plus doux cesse de me flatter 5
XJn sort cruel s'attache à me persécuter :
Je vois de tout côté ma perte inévitable;
Tout me livre aux fureurs d'un tyran implacable ! . . .
Quel que soit le destin qui l'attende aujourd'hui.
Songe que je dois vivre ou mourir avec lui !
SARAÏ
Si le roi succomboit, de mes bras enlevée, Au plus affreux trépas vous seriez réservée !
MIRZA
Avant que Zéangir ait paru dans ces lieux , J'aurois reçu la mort commie un bienfait des dieux; Mais lorsque mon esprit est plein de son image, Ne crois pas que j'affecte un superbe courage. En ce jour, Saraï, je ne m'en défends pas, Je verrois avec crainte approcher mon trépas ; Et je sens aux regrets de mon âme attendrie, Qu'il nous suffit d'aimer pour tenir à la vie.