ACTE III, SCÈNE III. 5i
MIRZA
Zéangîr !
ZÉÂNGIR j toujours livré à sa douleur.
Qu'ai- je vu?....
MIRZA
Grands dieux ! /
ZÉANGIR
Que vois-je encore?
Pourquoi donc ce bAclier que leur fureur décore, Ces lugubres apprêts, et ces pâles flambeaux?....
Je suis de tous côtés entouré de bourreaux !
Quels cris frappent les airs? et quels regards sinistres Me lancent de Brama les infâmes ministres? Ils clierchent la victime... ils l'appellent déjà... Quel nom prononcent-ils? — c'est celui de Mirza!
MIRZA
Calme-toi, Zéangir; et reviens à la vie.
ZÉANGIR
Zéangir? non, ce n'est que sa noire furie
Qui lui survit encore, et qiii respire en moi.
MIRZA
Peux-tu me méconnoître?
ZÉANGIR
Ah! que vois-je! — c'est toi!..
Fuis un mortel qui t'aime autant qu'il se déteste 5
r>:i MIRZA.
0 ma clière Mirza ! quel changement fmieste ! Autrefois ton amant rempli d'un doux transport, T'apportoit le Lonlieurj aujourd'hui c'est la mort!.. Mais non ; sacrifiant mes feux à la patrie , Quand du fier Idalcan ce bras trancha la vie, Si mon trépas alors n'a pas suivi le sien, C'est dans le seul espoir de m' opposer au tien. Je sens que pour sauver une telle victime, Force, adresse, fureur, tout devient légitime 5 Pour t' arracher aux lois de ce culte inhumain. Je vais tout employer.
MIRZA
Ton eftoi-t sera vain.
Si tu m'en crois...
ZÉANGIR
Après mon horrible victoire, Quitte envers mon pays, et quitte envers la gloire, Je ne reconnois plus en cet affreux séjour D'autre bien, d'autre loi, d'autre dieu que l'amour. Si tout ce que mon rang me donne de puissance, Et tout ce que l'amour inspire d'éloquence. De ces monstres cruels ne peut toucher le cœur, Il n'est plus qu'un moyen de tromper leur fiu-eur. Pour te soustraire au sort qu'ici l'on te prépare. Fuyons dans les forêts, loin d'un peuple barbare.