‹ Essais littéraires de Saint-JustChapitre 50 sur 232 · SCÈNE lY · texte numérisé non relu

SCÈNE lY

FONDOR, MATHIEU.

FONDOR.

Ah! Mathieu, te voilà? Je t'attendois.

MATHIEU , arrivant très-lentement.

J'accours !

FONDOR.

Très-pressé pour l'instant...

MATHIEU , traînant toutes ses paroles. ■'

Moi, je Je suis toujours.

Prompt dans mes actions comme dans mon langage, La lenteur m'épouvante! Aussi, dès mon bas âge,

8o L'AVARE FASTUEUX.

De ma vivacité, mon père émerveillé,

Ne m'appeloit jamais que Mathieu l'éveillé.

FONDOR.

Pour tarder si long-temps, que pouvois-tu donc faire?

MATHIEU

Je reposois. Il faut, soit dit sans vous déplaire, Me lever si matin! Car pour veiller à tout. Quand tout le monde dort, je suis déjà debout.

FONDOR.

Je saurai, cher Mathieu, récompenser ton zèle. Pour l'instant, j'en attends une preuve nouvelle. Je dois sous peu de jours tenir un grand étatj Mais tout en affichant l'opulence et l'éclat. Que l'épargne rigide au luxe soit unie. Et prodiguons, mon cher, avec économie.

Tandis que j'aurai l'air de n'y mettre aucun prix. Toi, des moindres oLjets ramasse les débris. A dissiper ainsi, tu sens bien qu'il m'en coûte; Mais, si tu connoissois mes raisons...

MATHIEU

Je m en doute.

D'une intrigue aisément j'aperçois les ressorts. Dieu merci ! j'ai l'esprit aussi vif que le corps.

FONDOR.

Franchement, je ne sais encor quel parti prendre.

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