ACTE I, SGEKE IV. 8i
Dois-je ou non désirer voir Rosalban mon gendre? De l'éclat de son rang, je me sens transporté!.... De la dot qu'il faudra, je suis épouvanté ! — Quel bruit feroit pourtant un pareil mariage !
Ouij mais songez qu'il faut présens, noce, équipage
FONDOR.
Tandis qu'avec Dupont, sans bruit et sans apprêts, Je pourrois marier ma fille à peu de frais.
MATHIEU
Oui! Mais à son rival unissant votre fille,
Sur vous rejailliroit tout l'éclat dont il brille.
FONDOR.
Sans doute. Tour à tour protégé, protecteui'.
Je pourrois à mon aise étaler ma splendeur.
Sur moi pleuvroient alors les honneurs et les places j
Et du sort, à mon gré, prévenant les disgrâces,
Je verrois mes amis, témoins de mon crédit,
Implorer ma faveur en crevant de dépit.
Il faut en convenir, ce scroit agréable j
Et ma foi! ce parti me paroît préférable,
MATHIEU
Oui Mais à tous ces grands quand on veut s'allier.
On devient leur parent bien moins que leur caissier. Se faisant de vos biens une hounéte ressource,
Chaque jour on les volt puiser dans votre bourse; Persuadés encor qu'ils vous font trop d'honneur. Tout bien considéré, je conclus donc, Monsieur
Quoi donc?
MATHIEU
Qu'après avoir ensemble, en hommes sages, Ainsi que les dangers, pesé les avantages Qu'offrent les deux partis , il en est résulté Que chacun a son bon et son mauvais côté.
FONDOR.
Le sot! Mais à propos
MATHIEU
Quoi donc?
FONDOR.
Quand les copies De ces tableaux flamands seront-elles finies?
MATHIEU
Près des autres déjà, vous les voyez, Monsieur.
FONDOR.
Ah ! bon On y prendroit le plus fin connoisseur.
Moi, d'ailleurs, jetiensmoinsauxtableauxqu'auxbordures. N'en doute point 5 l'éclat de leurs riches dorures Produit bien plus d'effet sur tous nos bons Picards Que les meilleurs Rubens offerts à leurs regards.