ACTE I, SCÈNE V
FONDOR j cessant de la tenir dans ses bras.
Eh bien ! Mademoiselle?
ERNESTINE
On doit la marier La semaine prochaine, et je voudrois, mon père
FONDOR.
Quoi ?
ERNESTINE
Qu'au lieu du présent que vous comptez me faire. Vous remplissiez mes vœux, eu faisant quelque hieu A cette pauvre enfant, qui, je pense, n'a rien. Le Lonheur de l'aider, quand son hymen s'apprête, Mon père, est le bouquet que j'attends pour ma fête.
FONDOR.
Ma foi! s'il est ainsi, vous l'attendrez long-temps. Où donc avez-vous vu qu'on fêtât ses enfans? C'étoit bon autrefois : cette sotte méthode, Au Marais, tout au plus, est encore à la mode.
ERNESTINE
Oui ; mais aux malheureux accorder des bienfaits j Cet usage est ti'op doux pour qu'il change jamais ! J'ose donc espérer qu'en faveur de Rosette
FONDOR.
Que son oncle, avant tout, s'acquitte de sa dette. Voilà son terme échu.
86 L'AVAKE FASTUEUX.
ERNESTINE
N'ayez nulle frayeur ; A ses engagemens Marcel sait faire honneur. De tous il a l'estime, et de plus la mérite. Dernièrement encor quelle fut sa conduite ! Au village voisin le feu prend dans la nuit ; Il y court 5 mais en vain son zèle le conduit : N'ayant pu s'opposer à la fureur des flammes , Il recueille chez lui les enfans et les femmes ; Du fruit de son travail , il prétend les nourrir , Et paroît sous le toit qui sert à les couvrir, Non point un bienfaiteur qu'entoui'e l'indigence. Mais un père au milieu d'une famille immense.
FOXDOR.
. Une telle action a dû coûter beaucoup ! Mais quel bruit elle a fait! on en parle partout.
ERNESTINE
Excepté chez Marcel.