ACTE I, SCÈNE VI
ERNESTINE
Un marchaïul! Que veud-il?
MADAME FONDOR.
Étoffes et bijoux.
Qui doivent par leur choix contenter tous les goûts. Allons! suis-moi, je veux te consulter, ma chère, Sur la couleur d'un schall.
FONDOR.
Il est bien nécessaire.
Oui, Monsieur.
FONDOR.
La parure a pour vous tant d'attrait!
MADAME FONDOR.
Sans doute; à tous les yeux c'est ainsi que l'on plaît.
FONDOR.
Ce n'est qu'à son mari que doit plaire une femme.
MADAME FONDOR.
C'est mon seul but.
FONDOR.
Eh bien ! vous me plaisez. Madame; Ainsi, sans plus de frais
MADAME FONDOR.
Ma toilette est si bien!
8b L'AVARE FASTUEUX.
FONDOR.
Puisqu'elle est de mon goût, il ne lui maucjue rien.
MADAME FONDOR.
Vous me trouvez donc mise?
FONDOR.
Avec un soin extrême.
On a l'œil indulgent pour juger ce qu'on aime.
FONDOR.
Puisqu'il faut s'expliquer en des termes plus francs, Je vous dirai qu'au lieu de perdre votre temps A ne parler que mode et toilette nouvelle. Vous devriez plutôt, à mes leçons fidèle. Prêcher l'économie, et tâclier par vos soins. Que cliacun de vos gens dépensât un peu moins. Le cuisinier, surtout, mange un argent énorme , Et c'est par lui qu'il faut commencer la réforme.