ACTE II, SCÈNE V
Quoi! vraiment?.... En elFet, la manière est plaisante j
Et ce programme annonce une fête cliarmante.
Mais quand l'heure viendra, si l'on veut voir, Monsieur,
L'illumination?
FONDOR.
L'ouragan, par malheur, Est tel qu'en vains efforts l'ouvrier se consume ; A chaque instant le vent éteint ce qu'on allume.
MATHIEU
Pour vos musiciens , vous avez annoncé
Qu'au jardin un orchestre avoit été dressé.
Et qu'au milieu des Lois, cor, flûte et clarinette,
Répandroient dans les airs leur union parfaite.
Chacun voudra jouir de ces divins accords.
FONDOR.
Il faudroit pour cela s'exposer au dehors 5
Car de tels instrumens, qui de loin font merveille.
De près, dans un salon, étourdissent l'oreille.
MATHIEU
Mais on s'atteîid à voir arriver vos voisins.
FONDOR.
Impossible! La pluie a rompu les chemins.
Pour donner dans un parc une fête accomplie, ' '"
io8 L'AVARE FASTUEUX.
Vive donc, et le vent, et le froid, et la pluie !
FONDOR.
Irois-je donc en sot, quand le ciel est Lien clair, M'aviser»d' annoncer une fête en plein air? Non, non; en pareil cas, avant de rien promettre. J'ai soin de consulter toujours mon baromètre. Mais j'entends Rosalban. Va donc de ton côté Me seconder.
MATHIEU
Comptez sur mon activité.
( Il sort. )