‹ Essais littéraires de Saint-JustChapitre 71 sur 232 · ACTE II, SCENE VI. ii · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE VI. ii

ROSALBAN.

Ce qu'en vous, par-dessus tout j'estime, C'est ce zèle obligeant qui toujours vous anime. Et dont j'aurois déjà pu réclamer l'effet. Si je ne craignois point de paroître indiscret.

FONDOR, à part.

Je tiens ses fonds. ( Haut. ) Comment! vous hésitez, je pense? Parlez

ROSALBAN.

J'abuserois de votre complaisance.

Point.

ROSALBAN.

Vous l'exigez?

FONDOR.

Oui; plus de retardemens.

ROSALBAN.

Eh Lien 1 . . . . prêtez-moi donc, Monsieur, vingt mille francs.

FONDOR, à part.

Ciel! quentends-je!

ROSALBAN.

Pardon j mais vous jugez sans doute Qu'on porte rarement pareille somme en route, Surtout quand on s'éloigne aussi peu de Paris.

ii4 L'AVARE FASTUEUX.

Je ne prévoyois point, alors que je partis, L'embarras où se trouve un honnête et digne homme, Faute de n'avoir pas maintenant cette somme j Il en éprouve même un besoin si pressant , Que je lui vais sur l'heure envoyer votre argent j J'en agis sans façon

FONDOR, à part.

Et c'est ce qui me tue!

ROSALBAN.

Mais cet or, ces billets, exposés à ma vue, Dont vous m'avez appris la destination.

Ont vaincu ma réserve en cette occasion.

FONDOR, à part.

Où me suis-je fourré!

ROSALBAN.

Daignez donc me remettre Sans tarder

FONDOR.

Volontiers : voulez-vous bien permettre?

(A part, en allant à son secrétaire clierclier l'argent. )

Il faut s'exécuter. Le proverbe aura tort. Et l'or, pour cette fois, n'a point attiré l'or.

( A Rosalian , en lui présentant les billets sans les lui donner. )

Voilà vinfft mille francs.

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