ACTE m, SCENE II. i3i
DUPONT
Ce Dupont
ROSALBAN.
Vous seroit-il connu?
DUPONT
C'est mon père !
ROSALBAN.
Qui? lui!
DUPONT
Quelle reconnoissance Je vous dois ! Grâce à vous renaît mon espérance ! Il n'est plus temps, Monsieur, de vous rien cacher
ROSALBAN. /..^^
Quoi?
DUPONT, vivement.
Ce jeune homme cliarmé d'Ernestine, c'est moij Cette condition qiii lui sembloit si dure. Et que monsieur Fondor exigeoitpour conclure, C'étoit de parvenir à l'emploi qu'aujourd'hui Mon respectable père obtient par votre appui.
ROSALBAN.
Qu'entends- je ! . . . . On ne pouvoit en agir mieux, sans doutej Moi-même à mon rival j'aplanissois la route Qui devoit le conduire au suprême bonheur. Heureusement, qu'on peut
a 32 L'AVARE FASTUEUX.
DUPONT
Je vous comprends, Monsieur j Dans mes premiers transports, à mon ivresse en proie, J'exhalois, sans raison, une indiscrète joie; Mais à l'instant ces mots qui vous sont échappés Ne me prouvent que trop que mes vœux sont trompés. Votre triomplie est sûr : c'est peu par la puissance. Le crédit et les Liens , d'emporter la balance j Sachez encor qu'en vain mon père obtient l'emploi Que vous sollicitez 5 ce titre est nul pour moi. Oui, Monsieur; jouissez de toute ma disgrâce; Nous sommes obligés de rendre cette place , Faute d'avoir les fonds qu'on nous demandera. Et que tous nos efforts
ROSALBAN , avec calme et diïiiiti'.
Jeune homme , les voilà.
DUPONT, interdit par la surprise et la joie.
Quoi ! les fonds?
ROSALBAN.
Ces billets forment la somme entière.
Faites-les au plus tôt passer à votre père. Près d'Ernestine aussi faites valoir vos droits; En rivaux généreux, briguons tous deux son choix. De mes biens , de mon rang ne prenez point d'ombrage ; Je n'en veux, près Fondor, tirer nul avantage.