ACTE III, SCÈNE IV. iB
FONDOR.
Toujours Lien incertains.
Son père ne tient rien encore Il sait, je pense,
Que des fonds assez forts sont exigés d'avance.
ROSALBAN.
II le sait.
FONDOR.
Il faudra les faire.
Il les fera.
FONDOR.
C'est très-bien dit, s'il peut les avoir.
ROSALBAN.
Il les a.
FONDOR.
Vous me surprenez fort 5 eli! qui donc les lui prête?
ROSALBAN.
Vous.
FONDOR.
Non, Monsieur; la cliose en ce nioment
ROSALBAN.
Est faite.
Ne vous souvient-il plus de ces vingt mille francs Qui par vous-même offerts en termes si pressans? —
i38 L'AVARE FASTUEUX.
FONDOR.
Quoi? — (Apart. ) J'enrage! cet homme a juré de me faire Disposer, malgré moi, de ma fortune entière.
ROSALBAN.
Sans le savoir, Monsieur, je servois votre ami; De cet heureux hasard n'êtes-vous pas ravi?
Enchanté.
ROSALBAN.
Vous jugez, d'après ce qui se passe.
Qu'à mou jeune rival je dois céder la place.
FONDOR.
C'est être généreux. (Apart.) Funeste contre-temps!
ROSALBAN.
Je vous engage même à presser les instans Qui doivent pour toujours l'unir à votre fille.
FONDOR.
Non'5 Dupont n'entrera jamais dans ma famille.
ROSALBAN.
Pourquoi ?
FONDOR.
Plusieurs raisons me forcent, entre nous
Mais ces détails auroient peu d'intérêt pour vous ; Ainsi, laissons donc là ces discours, je vous pricj Et sans tarder , allons joindre la compagnie.