LE POÈTE
Oui, VOUS étiez là tous, je vous ai reconnus, 0 mes liôles aimés î vous tous les bienvenus
Dans ce cœur que le doute souille ; Oui sur sa route, hélas ! vous laissa tour à tour. Comme un serpent qui, lorsqu'il reparait au jour,
De sa vieille peau se dépouille !
Saintes ambitions ! mensonges enchantés ! Voiles dorés jetés sur les réalités!
Croyances où l'âme s'enivre !
Long oubli, frais amours, baisi'rs noyés de pleurs î Trompeuses passions pleines d'acres douleurs,
Oui font qu'au moins on se sont vi\re !
Venez, mon cœur est jeune et peut encor souflVir ! Bien des buissorïs cachés y sauront rcfloinir î
L'hiver n'a pas flétri leur sève.
Venez comme au ujaiiii me faire un ciel vermeil. VA ne me laissez pas, accablé de sommeil,
Krrer par \o froid sur la grève !
C'est donc toujours ainsi : — dans un lointain riant , On voit se dessiner un palais d'Orient ,
Avec ses flèches dentelées, Et ses coupoles d'or, et ses blancs minarets, Et ses jets d'eau dans l'ombre, et ses bois de cyprès
Où passent des femmes voilées.
On accourt en chantant. — Tout à coup le jour vient, L'illusion s'enfuit ; pourtant on se souvient,
On dit : J'ai vu, c'était superbe!
Mais que vous resie-t-il de cet enchantement? Un souvenir confus ; — au lieu du diamant ,
La soutte d'eau sur le brin d'herbe !