ERIN
Constitiilioiinal bloocl lioimds:
Daniel O'Con.nell.
Oh ! iiolie pauvre Irlande el ses collines vertes! Ses plaines de fruits murs et de moissons couvertes I Son immense horizon et son aspect heureux! Ses rivières , ses lacs , ses forets pleines d'ombre! Ils n'ont fait qu'une part de ces trésors sans nombre, Tout germe et tout fleurit pour eux !
L'Irlande, c'est pour eux un troupeau bon à tondre, Dont ils portent la laine à leur ville de F>on(lre , Un repiile iuconmiode et qu'on peut écraser! Oh ! souvenir amer ! infortune bien grande ! Il ne nous reste rien , à nous, enfants d'Irlande, Pas même un pauvre loit pour nous y reposer !
l'ourtant , c'était à nous qu'appartenait la terre ! ais, un jour, sont venus des hommes d'Angleterre,
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Hélas I ils ont toiU pri-^, sans piiié, .•^ans reinoids î Ils ont dit : Nous allons \ous niaicjncr votie tàclio; Vous êtes les vaincus , — retournez sans relâche Ce sol tout peuplé de vos morts !
l'A le sol s'esi partout chary;é d'épis superbes! Sur leurs wagons alors ils ont chargé nos gerbes; Jls sont partis, — et nous, parmi nos champs déseris, .Mendiants , conduisant nos errantes faniilles , ^lOus avons \u oiourir nos femmes et nos filles , Par le froid , sans abii , durant les longs hivers!
Depuis quatre cents ans notre sort est le même ! Nous sommes visités par la faim au teint blême ! Quand le froid, chafjue année, a durci nos sillons, De Kildare à Dublin , voilà que recommence, Irlande , la clameur inexorable , iminense, Que pousse ton peuple en haillons !
Quand l'or du monde entier remonte la Tamise j Quand l'Inde, va^-te empire, autre terre promise, Apporte h notre sœur ses tributs tous les ans, rinfants déshérités, la pauvreté nous ronge ! Et sur nous, dans la nuit profonde où Dieu nous plonge. Nul soleil ne répand ses rayons bienfaisants!
Comprenez- vous ces pleurs, ces longs cris de détresse? C'est un peuple à s>;enoux qu'un autre peuple oppresse; Jamais comme aujourd'hui le volcan ne gronda ! Même auxjours de (^romwell, jours dedeuil et d'épreuve Où le sang irlandais a coulé comme \\n lieux e Dans "N> exford et dans Droghod.i !
422 ESSAIS liïiÉraiues.
On te uomiiiail, Eriii, pauvre île solitaire , La perle de la mer et la fleur de la terre ; Pour toi la poésie épuisait son écrin ! C'est que Dieu t'avait faite éclatante et joyeuse; Mais l'homme a tout brisé de sa main envieuse : Ta veine est épuisée , et ton sol est d'airain !
Avril 1843.
Consumed willi tliat wicli it was noiirish'd by. W. SirAKSPiiARE, Sonnets.
Ils vous l'ont bien dit souvent, j'imagine ; Votre œil est de feu , votre main divine; Votre pied d'enfant , tous l'ont admiré ! On sait les trésors qu'enferme votre âme ; Mais moi , n'allez pas m'en vouloir, madame , Ce qu'ils n'ont pas dit , je vous le dirai.
Lorsque je vous vis si folle et si (ière , Je sentis un flot de vive lumière Inonder mon cœur et le transformer !
J'étais un enfant , j'ignorais encore Ce mal qu'à la fois on craint, on implore; En un seul moment je savais aimer !
Mais pour tant de nuits d'amour et de fièvre, Pour ces mots brûlants que j'ai sur la lèvre , Et que je voudrais te dire à genoux , Pour tant de douleurs au milieu des fêtes , Pour tant de soupirs , de larmes secrètes , 11 te faut m'aiuicr ! — Quand ni'aiuierez-vous?
Janvier n:43.