A M. JULES H
— « Sous le pont des Soupirs , éclairé par la lune, ') La gondole des morts vient d'aborder sans bruit ; M C'est quelque condamné , ma sœur, que celle nuit » Sans doule ou va noyer là -bas, dans la lagune.
» Les rameurs sont nuiols. Le bourreau vient ouvrir, » >la sœur, entends crier les verrous de la porte. » Voilà le condamné que la gondole emporte ; — » Ce pauvre condamné !.qu'a-t-il fait pour mourir?
» Prions tousdeux. Pourluicetle heure est la dernière. » Son àme montera plus vile dans le ciel.
» Ma sœur, c'est un spectacle étrange et solennel ! « 0 Dieu ! qui pardonnez , recevez sa prière !
» La gondole revient. La mer a refermé
« Sur le cadavre froid le linceul do son onde.
» Mais tu trembles, ma sœur, quelle terreur profonde !
'> Ma sœur! morte ! plus rien ; un corps inanimé! <>
Morte, en effet, sans cris. Sur la gondole noire, Elle avait reconnu dans l'ombre , eu un moment , Le manteau de salin et la lo [ue de moire Qu'au bal, la veille encor, portail son jeune amant.
Venise.