‹ Essais littérairesChapitre 41 sur 42 · XXX IL · texte numérisé non relu

XXX IL

LES GOELANDS.

O sombres goélands qui planez sur les (lois, Qui de la mer profonde écoutez les sanglots, Bruits sourds dont le pécheur au dépari s'inquièle, Savez-vous les secrets du vent, de la tempête? Quand le brick aux (lancs noirs s'en va, joyeux et fier, Ses pavillons aux mâts, gagnant la pleiner mer. Plein de folles chansons et sans peur du naufrage, Savez-vous sur (|uels bords le brisera l'orage ? Vous, dont le pied jamais ne pose sur le sol, Dont ;non esprit rêveur aime à suivre le vol,

432 KSSAIS LITTEHAIULS.

Voy.ngeuis (jiii courez emporlés par ia vy<^iic , Oh! n'ciitciic1ez-\ouspasc(imr.e un nuiniuirc vague Du fond de l'Océan monter pendant la nuit? , Oiseaux niysléri(ux, dites, cpiel est ce bruit? Les morts se piaigneni-ils dans leur tombe glacée? Vers nous, indifférents, tournenl-ils leur pensée? iSe voyant oubliés, élèvent-ils leur voix Aliu de rappeler les jouis purs d'autrefois? Les rires, les chansons, au pied de la falaise, Les poissons au retour frémissant sur la braise. Et tous ces longs baisers, trop tôt interrompus! A notre oreille , hélas ! leur voix n'arrive plus. O goélands! oiseaux tristes et solitaires , Avez-vous pénétré ces étranges mystères?

Septeml)ve 1843.

Aimons! le temps passe, La nuit vient , aimons.

L'aigle dans l'espace Oui franchit les monts ;

L'oiseau sur la branche, Quand lomjje le jour ; La fleur qui se penche , Appellent l'amour !

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