‹ Essais littéraires sur Shakespeare;Chapitre 117 sur 252 · SCÈNE SEPTIEME · texte numérisé non relu

SCÈNE SEPTIEME

Autre partie de la plaine.

Macbeth , dans une mêlée , tue le fils d'un des seigneurs anglais Siward. Il rencontre ensuite Macduff , qui fond sur lui avec rage. Macbeth, pour le braver, lui apprend que jamais mortel , né d'une femme , ne pourra lui ôter la vie.

Macduff répond qu'il fut arraché , avant le temps, du sein de sa mère, et qu'ainsi il était prédestiné à punir Macbeth.

Perdant tout espoir, maudissant les sœurs du Destin et son adversaire , Macbeth n'en veut pas moins mourir les armes à la main , et il sort avec Macduff, en s'écriant :

« (20) Attaque-moi , Macduff. Damné soit celui de nous deux qui criera le premier : Arrête , c'est assez. »

(20) Lay on , MacdufT;

And damn'd be him that first cries : Hold , enough !

iS'^ ESSAIS LITTERAIHES SUR SHAKSPEARE.

Bientôt Macduff rentre vaincjueur. Siward se con- 3ole de la mort de son fils y parce qu'il est mort avec gloire ; Malcolm est proclamé roi d'Ecosse.

Le caractère de la poésiie est, dans Macbeth , âpre et sauvage; il a de la force et de l'énergie. Il est habilement nuancé , suivant la diflférence des personnages.

Les faits principaux qui forment le tissu de la fable de Shakspeare sont historiques, ou du moins empruntés à la chronique d'HoUinshed, dont Tautorité n'a pas paru irrécusable au docte Buchanan.

Macbeth a régné dix-sept ans ; il avait assassiné Duncan en io4o, et il fut tué lui-même en 1067.

Cette tragédie passe pour avoir été représentée en 1606.

Ducisen a donné une imitation, en cinq actes, sur notre théâtre français. Le même sujet a fourni un opéra à l'Académie royale de musique.

NOTES

(a) Jacques i venait de monter sur le trône d'Angleterre y quand Shakspeare composa cette pièce. Il fiit sans doute engagé à choisir ce sujet par le désir de flatter le roi y en lui offrant un ouvrage sur les anciens faits de son pays.

La tradition rapportait l'origine de Jacques i à la race de Banque ) et la prédicticm des sorcières était un compliment pour le fils de Marie Stuart.

(b) La longue suite de ces rois y vus dans le miroir , indiquait probablement les successeurs de Jacques i. La chaîne en fut bientôt et bien cruellement interrompue.

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