‹ Essais littéraires sur Shakespeare;Chapitre 145 sur 252 · SCÈNE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE SEPTIÈME

L'abbaye de Swinstead.

Jean meurt sur le théâtre , de l'effet du poison que lui a donné un moine. On proclame Henri m son fils.

Cette pièce paraît avoir été composée en lôgG. Sbakspeare semble avoir emprunté beaucoup d'idées à une pièce de Rowley sur le mémo sujet, qui avait précédé la sienne de cinq ans.

On vante beaucoup le caractère du soldat Faulconbridge. Nous avouons que nous n'en avons pas senti le mérite avec autant d'enthousiasme que plusieurs commentateurs , et même des littérateurs du premier ordre. Nous avons cité ce qui nous a paru le plus piquant dans son rôle, assez inutile à Taction, si l'on peut dire qu'il y ait une action dans cette pièce.

NOTES

(a) Le prince Arthur avait a5 ans lorsque son oncle le fit périr. Shakspeare ne lui a donné que douze ans^ pour rendre sa portion plus tragique.

(b) On a peii^e à concevoir , en lisant les beaux passages que nous citons f et qui sont inspirés par une émotion si vraie et si communicative f comment Shakspeare a pu ^ dans la même scène ^ s'abandonner aux subtilités les plus extravagantes et les plus puériles , jusqu'à faire dire au jeune enfant^ lorsque Hubert parle de réchauffer le fer : e Cela ne servirait qu'à le faire rougir et s'enflammer de honte de vos procédés ».

You will but make it blush , And glow with shame of your proceedings.

On ne peut s'empêcher de se rappeler les vers de Théophile ^ dans la tragédie de Pyrame et Thisbé :

Le voilà ce poignard j qui du sang de son maître S'est souillé lâchement : il en rougit le traître.

Encore , dans Théophile ^ ce n'est pas un enfant de douze ans qui parle.

Page 1