‹ Essais littéraires sur Shakespeare;Chapitre 152 sur 252 · SCENE SECONDE · texte numérisé non relu

SCENE SECONDE

Le palais du roi.

Richard est parti. La reine son épouse (a) est obsédée de sombres et vagues pressentiments^ qu'un des favoris du roi , Bushy , cherche à dissiper , en leur donnant une explication assez ingénieuse pour mériter d'être citée.

« (4) Chaque causa réelle de douleur donne naissance à vingt ombres diverses qui ressemblent chacune à un chagrin, sans en être un véritable. L'œil de raflliction, ébloui par les larmes qui Taveuglent , décompose une seule chose en plusieurs objets , coihme ces peintures , qui , vues de face » n'offrent que des images confuses . et qui , regardées obliquement , présentent des formes distinctes. »

Les pressentiments de la reine n'étaient point trompeurs.Green, qui partageait, avecBushy etBagot, le monopole de la faveur royale , vient annoncer le débarquement et l'approche de Henri. Cette nouvelle jette le trouble dans toute la cour.

Le duc d^York donne quelques ordres dont il voit

(4) Each substance of a grief hath twenty shadows , Which show like grief itself , but are not so : For sorrow's eye, glazed with blinding tears, Divides one thing entire to many objects; Like perspectives , wbich rigbtly gaz'd upon , Show nothing but confusion; ey'd awry Dislinguish form.

SUR SIIAKSPEARE. 309

Tavance l'inutilité^ et s'occupe do^uettre la reine en ureté.

Le triumvirat des favoris, pour échapper à la baine et à la vengeance du peuple , se résout à une prompte fuite* Bagot se sauve en Irlande , auprès de Elichard^ les deux autres au château de Bristol.

Page 1